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Andrée Tabouret-Keller, Le bilinguisme de l’enfant avant six ans. Étude en milieu alsacien (OpenEdition)

Compte rendu Chrystelle Burban, https://doi.org/10.4000/15dmkRéférence(s) : Andrée Tabouret-Keller, Le bilinguisme de l’enfant avant six ans. Étude en milieu alsacien, Limoges, éditions Lambert-Lucas, 2023, 295 p.

On ne compte plus les ouvrages publiés traitant du bilinguisme ; celui des enfants en particulier, décliné selon de multiples perspectives, qu’il s’agisse des questions d’éducation, du cadre de son acquisition, scolaire ou familial, selon une approche cognitive, sociale, didactique… Lieu de représentations ambivalentes, le phénomène du bilinguisme et de son acquisition, à en croire F. Grosjean1, ont généré depuis le XIXe siècle chez les spécialistes de la discipline des attitudes négatives au regard d’une supposée nocivité. Accusé de favoriser diverses formes de « handicaps », Christine Deprez2 évoque les multiples préjugés en circulation sur le bilinguisme, depuis les troubles du langage et du développement qu’il produirait jusqu’à la crise identitaire dont il serait responsable. Ce point de vue largement partagé au siècle passé rend compte d’un paradoxe tenace, à savoir que dans un monde où le bilinguisme est une pratique largement répandue, le monolinguisme s’est cependant imposé comme le schéma de référence, autant pour un public non averti que pour de nombreux spécialistes. Certes, nous n’en sommes plus tout-à-fait là, dans la mesure où les représentations liées au bilinguisme ont évolué dans un sens positif. Ceci dit, certains préjugés perdurent. S’il constitue un objectif désormais recherché dès lors que les pratiques bilingues concernent des langues de grande diffusion, les représentations qu’il génère sont largement moins favorables lorsqu’il concerne des langues moins répandues et/ou affectées de présupposés et de stéréotypes négatifs, à l’instar des langues d’immigration, minoritaires, minorisées et régionales…

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