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« Kyiv », « Etatsunien » et le « ñ » : trois dilemmes orthographiques de la langue française

Le choix des mots, et même de leur simple graphie, prend parfois une importance insoupçonnée. Muriel Gilbert, correctrice au « Monde », retrace trois cas où l’orthographe revêt un caractère politique particulier.

Par Publié le 1er août 2025

La langue française, ce ne sont pas les Tables de la Loi. Contrairement à une idée répandue, les dictionnaires et les grammaires ne recommandent pas tous les mêmes règles, et il n’est pas rare que chacun propose plusieurs graphies. Le mot « djeun », version familière de « jeune », pour ne prendre qu’un exemple, n’est pas dans le Petit Larousse, mais on le trouve bien dans le Petit Robert, entre « djembé » et « djihad ». Avec plusieurs orthographes : avec et sans E final, et un pluriel ordinaire en S (djeuns/djeunes) ou avec une apostrophe (djeun’s). Pour d’autres cas, leur utilisation relève d’un choix véritablement politique. Passage en revue de trois d’entre eux.

Faut-il dire « Etatsunien » ou « Américain » ?

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