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Sprachenpolitik

Des manifestations dans toute la France pour défendre les langues régionales

Macron s’oppose au Conseil constitutionnel


Des manifestations dans toute la France pour défendre les langues régionales


La manifestation fait suite au veto du Conseil constitutionnel à l’immersion linguistique

 

Eusebio Val
Correspondant à Paris
30/05/2021, 06h00

Les défenseurs des langues régionales organisaient hier des dizaines de manifestations dans toute la France pour exiger la protection de la diversité linguistique et pour que le français ne soit pas imposé davantage comme élément d’uniformisation dans l’enseignement. La protestation faisait suite à la censure du Conseil constitutionnel, le 21 mai, interdisant l’enseignement immersif en langues régionales (comme le breton, le catalan, le basque, l’occitan ou le corse) dans les écoles publiques, et l’utilisation de signes diacritiques dans les registres d’état civil.

À l’appel du collectif Pour Que Vivent Nos Langues, des rassemblements ont eu lieu à Colmar, Bastia, Lille et Annecy, ainsi qu’à Perpignan, la capitale de la Catalogne française, et à Bayonne, au Pays-Basque. Dans la seule région Occitanie, une cinquantaine d’appels à manifester ont été enregistrés, dans de grandes villes comme Toulouse, Pau et Montpellier, ainsi que dans de petites et moyennes villes. Le nombre de personnes présentes était très varié, allant d’une poignée de personnes à plusieurs milliers. L’une des plus nombreuses se déroulait à Guingamp. D’après la police, les militants bretons ont réuni entre 8 000 et 10 000 personnes, attirées également par l’arrivée de la traditionnelles Redadeg, une course de relai à caractère revendicatif nationaliste.

Les militants bretons, occitans, catalans, basques, alsaciens et corses se mobilisent pour sauver leurs langues

 

Le Conseil constitutionnel a déclaré anticonstitutionnels deux articles d’une nouvelle loi approuvée quelques jours plus tôt par le Parlement. Son argument était que l’article 2 de la Constitution établit que « la langue de la République est le français ». Cet arbitrage a été vu comme un affront par les associations qui, depuis des décennies, gèrent des écoles bilingues immersives agréées, comme le réseau Diwan en Bretagne, la Bressola catalane ou les ikastolas au Pays-Basque.

Les plus hostiles à la « loi Molac » (du nom du député breton Paul Molac, son principal promoteur), étaient les députés du parti présidentiel la République en Marche (LREM), notamment le ministre de l’éducation Jean-Michel Blanquer. Il est, par sa fonction, le gardien suprême du républicanisme homogénéiseur. Or, l’enseignement public et la langue française sont les outils de base de cette stratégie.

Macron, cependant, a créé la surprise en critiquant sévèrement la rigidité du Conseil constitutionnel à travers un post Facebook. Le président s’est érigé en garant de la diversité et a demandé au Gouvernement et au Parlement de légiférer pour garantir que les expériences immersives bilingues qui fonctionnent déjà puissent perdurer. Personne n’a mis en doute sa sincérité, mais l’approche des élections régionales et départementales les 20 et 27 juin, qui ne s’annoncent pas bien pour LREM, peut faire partie de ses calculs. Le président ne peut pas se permettre de perdre encore des voix parmi les militants régionalistes.

Le député Paul Molac, qui se trouvait hier à Guingamp, a insisté sur le fait que la meilleure solution pour rassurer ceux qui luttent contre l’extinction des langues régionales serait de changer la Constitution pour leur donner un statut adéquat.

 

Traduit par Geneviève Le Gouguec

Source : https://theconversation.com/multilinguismo-y-plurilinguismo-en-la-ue-como-preparar-a-los-docentes-199434