Quentin Dickinson et Jean Quatremer, deux journalistes français couvrant l'actualité de l’Union européenne sont les lauréats 2010 du Prix Richelieu, décerné chaque année par l'association Défense de la langue française.
Le prix Richelieu décerné par DLF entend récompenser cette année « deux journalistes déterminés à défendre, contre vents et marées, la pratique du français dans l'environnement résolument anglophone des institutions européennes ».
Jean Quatremer suit l'actualité européenne pour le quotidien Libération depuis 1990. On l'entend également sur RMC et il est l'auteur de deux livres sur la construction communautaire et de divers documentaires pour la télévision. Il a créé, fin 2005, un blog, "Les Coulisses de Bruxelles", où il raconte l'envers du décor de l'Union, blog qui est devenu une référence dans la couverture de l'actualité européenne".
Discours de Jean Quatremer à l’occasion de la remise du prix Richelieu décerné par Défense de la langue française le 27 mars 2010, à l’Institut
Après ce magnifique discours de Quentin Dickinson, je voudrais juste apporter quelques notations.
Ce prix nous a fait extrêmement plaisir, parce que, effectivement, en ce moment, nous avons l’impression d’exercer notre métier dans un environnement hostile.
Bruxelles, c’est un petit peu l’avant-poste de l’influence du français dans le monde. Nous observons les armées étrangères avancer. Et il faut dire que, depuis 1995, nous assistons à un déferlement de l’anglophonie sur Bruxelles et aujourd’hui en France, puisque, comme vous le savez, désormais les grandes écoles et les universités réclament de pouvoir faire les cursus uniquement en langue anglaise pour diffuser les idées françaises à travers le monde.
J’avoue que ce raisonnement m’a toujours paru assez curieux, assez spécieux, parce que je ne pense pas que l’anglais se soit imposé à travers le monde en parlant serbo-croate ou suédois.
Or, aujourd’hui, nous voyons nos élites expliquer que pour diffuser les idées françaises il faut parler anglais ! Pour moi, une bonne idée est une bonne idée quelle que soit la langue dans laquelle elle est exprimée et, en tous les cas, la vacuité ne paraît pas brutalement intelligente à partir du moment où elle est exprimée en anglais. Lire la suite sur le site de DLF.