Quentin Dickinson et Jean Quatremer, deux journalistes français couvrant l'actualité de l’Union européenne sont les lauréats 2010 du Prix Richelieu, décerné chaque année par l'association Défense de la langue française.
Le prix Richelieu décerné par DLF entend récompenser cette année « deux journalistes déterminés à défendre, contre vents et marées, la pratique du français dans l'environnement résolument anglophone des institutions européennes ».
Quentin Dickinson est une des voix de la radio du service public, à France-Inter, à France-Info, à France-Culture, et à Radio France internationale. Depuis 2001, il est directeur des Affaires européennes de Radio France et à la tête du Bureau de Bruxelles commun à Radio France et à RFI. Il s’est précédemment occupé de radios locales, puis des opérations exceptionnelles, avant d’être nommé chef de cabinet du Président de Radio France. Catherine Lalumière a souligné son art de rendre les complexes questions européennes « simples et attrayantes ».
Remerciements de Quentin Dickinson :
Le prix Richelieu, nous avait-on dit, vient récompenser les journalistes
francophones qui défendent la langue française.
D'emblée, ceci aura constitué, pour mon confrère Jean Quatremer
comme pour moi-même, un sujet d’étonnement. En effet, le français
est à la fois le fonds de commerce et l’outillage de tout journaliste qui
rédige dans cette langue, et comment imaginer que notre profession
tout entière ne fasse pas preuve d’un zèle de tous les instants à en
défendre l’acquis, les contours et la spécificité ? Le maçon ne méprise
pas la pierre, pas davantage que le menuisier ne néglige son rabot.
Mais voilà : le sentiment du plus grand nombre, c’est que la presse
française pratique une langue appauvrie, défigurée, désincarnée ; le
devoir d'informer s’apparenterait à un exercice aseptisé, et s’affranchirait
de la vocation sensuelle de la langue ; le style télégraphique aurait pris
la place du style tout court.
C’est que notre profession est de celles auxquelles rien n’est épargné,
et tout est reproché. Par essence, nous nous adressons à tous et à chacun,
et les projecteurs de l’actualité éclairent aussi – et cruellement – nos
imperfections et nos faiblesses. Lire la suite du discours sur le site de DLF.