Un article paru sur le site du Journal de Saône-et-Loire le 27 avril 2009
La réforme des lycées, vieux serpent de mer, donne lieu à une
consultation en Bourgogne. Les lycéens ont leur mot à dire et ne s’en
privent pas.
Mais que veulent donc les lycéens, puisque, quand un ministre annonce
une réforme, ils descendent dans la rue pour la contester ? Ils
veulent, pour le moins, que l’on prenne en compte leurs avis. Et c’est
bien par-là que l’on a commencé dans l’académie de Dijon, il y a un an
déjà : une grande consultation a été lancée. Le processus n’est pas
terminé, mais un premier bilan permet d’y voir un peu plus clair sur
les aspirations des jeunes, qui ont une conscience aiguë de ce qui va
et ne va pas dans leurs apprentissages. Apprendre les langues vivantes
est un sujet qui arrive en tête de leurs préoccupations. Est-ce une
surprise ?
Sûrement pas. 88,4 % les évoquent et plébiscitent les échanges internationaux : voyages, correspondants, assistants, échanges par mail et par internet avec d’autres lycées etc. Ils insistent beaucoup sur leur désir de mieux apprendre à maîtriser l’oral, l’expression, la compréhension. Cela ne fait-il pas des décennies que l’on entend pareil discours ? Élèves en difficulté Sur le thème de l’accompagnement des élèves en difficulté, 83,7 % des réponses insistent sur la nécessité « d’encourager les élèves, de leur donner confiance », de les aider à s’organiser, leur apprendre à apprendre… et tout cela bien sûr en petits groupes. Le passage du lycée à l’enseignement supérieur est toujours une étape redoutée et les lycéens estiment qu’on devrait leur apprendre à prendre des notes, synthétiser un cours, les former à la prise de parole, développer leur capacité d’analyse et d’esprit critique. Et de la même façon, pour mieux les guider dans les choix de leur orientation, leur proposer des stages en entreprise, des rencontres avec des professionnels etc. Meilleur rythme Ils ont aussi des idées bien précises sur la vie et le parcours au lycée : ils voudraient un meilleur équilibre dans la répartition hebdomadaire du travail et des devoirs, un rythme qui soit mieux équilibré. Les emplois du temps seraient-ils organisés dans l’intérêt des élèves, ou d’abord dans celui des profs ? Les lycéens souhaitent aussi que le contrôle continu soit davantage pris en comte dans l’examen du baccalauréat, ce qui réduirait le poids des émotions le jour de l’examen. Enfin, ils aspirent à une plus grande ouverture de leur lycée sur la culture, les actions internationales et humanitaires, voire sur le développement durable. Les idées sont belles, pas forcément nouvelles. Il reste à démontrer que l’Éducation nationale aura les moyens de les mettre en oeuvre.
Denis Wuyam
800 lycéens consultés