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Un projet de loi sur la diversité linguistique ?

«Ma mère parlait le gascon. Elle le parlait bien. C'était une langue riche d'expressions, de sons et de sensibilités. » Pour Martine Faure, députée socialiste de la Gironde, il serait dommage de se séparer de cette culture. Jusque dans sa carrière d'enseignante, l'institutrice de campagne qu'elle fut se souvient avoir expliqué à ses élèves de cours élémentaire que « lorsqu'on égrenait les comptines en gascon dans la classe, c'était comme un cours d'histoire. Notre propre histoire. »

Ici, à Langon, des cours d'occitan ont démarré il y a quelques décennies à la bibliothèque, puis au Centre culturel des Carmes. Des enseignants passionnés s'y sont investis avec enthousiasme. Aujourd'hui, encore, on dénombre des cours d'occitan dans les collèges privé, Montesquieu à La Brède, et publics de La Réole, Langon, Le Pian-sur-Garonne, Monségur, Pellegrue et Saint-Symphorien. Il y a quatre ans, les effectifs des élèves du second degré étudiant l'occitan se situaient au-dessus de 350, sans compter la poursuite des cours dans les lycées de La Réole et de Langon.

Éléments du patrimoine

Ce n'est donc pas par hasard si ses pairs ont désigné Martine Faure, voici un an, comme la présidente du groupe d'étude pour les langues régionales à l'Assemblée nationale. Elle venait de succéder à une parlementaire bretonne.

La diversité linguistique en France apparaît comme une singularité exceptionnelle. Elle sera le thème d'un forum inscrit au programme des Nuits atypiques, car les langues régionales sont aussi les langues du monde. On y attend par conséquent la présence de la députée du Langonnais pour animer le débat aux côtés d'élus, enseignants, artistes et représentants associatifs. Rendez-vous est pris vendredi 24 juillet, à 10 heures, aux Carmes.

« Nous avons gagné une première partie, il y a tout juste un an, avec la modification de la Constitution française et l'adoption de l'article 75-1 qui stipule que les langues régionales font partie du patrimoine de la France », explique Martine Faure.

Convaincre le ministre

Reste une seconde manche à aborder afin de préserver cet acquis et cela passe par un projet de loi sur l'enseignement, les médias, la culture et les services publics : « Deux solutions s'offrent à nous. Soit nous arrivons à convaincre directement le nouveau ministre de la Culture du bien-fondé de notre démarche. Sinon, nous devrons déposer nous-mêmes une proposition de loi. »

Entre-temps, le groupe d'étude poursuit ses auditions à Paris, auprès de tous les acteurs de la diversité linguistique de France. Martine Faure fonde quelques bons espoirs : « Nous sommes 70 parlementaires dans ce groupe d'étude, venus de toutes les régions de France et d'outre-mer. Je constate que, sur des sujets d'une extrême sensibilité comme la conservation des langues régionales, les élus de toutes tendances finissent par trouver des points de convergence. »

Auteur : PIERRE LASCOURRÈGES