ANALYSE - Les rappeurs français plébiscitent notre langue, pour son lexique et sa phonétique.
Qui dit «rap», dit aussi phrases toutes faites. Les préjugés ont les mots durs. Aujourd’hui pourtant, les thèmes abordés dans ce genre musical sont très variés et certains artistes s’appliquent à produire des textes travaillés, nourris de références littéraires.
Cette importance accordée à la langue tend à gagner du terrain ce qui permet à Julien Barret, linguiste et auteur de Le rap ou l’artisanat de la rime, de faire un parallèle historique amusant: «Le rap se construit en opposition avec l’esthétique classique et mesurée théorisée par Boileau: peu importe si parfois on en fait un peu trop. Ça rappelle la querelle entre les gluckistes et les piccinistes au XIXe siècle. Le rap serait par essence gluckiste: on y valorise avant tout le texte». Un texte exclusivement écrit en français. Comment l’expliquer?