Bruxelles, le 2 décembre
2008
GOBER LE GLOBISH
Ou
Le Commissaire ORBAN est en charge du multilinguisme à la Commission
depuis presque deux ans. La création de son portefeuille avait suscité des
critiques sévères comme si ce poste était artificiellement créé. La FFPE n'est
pas de cet avis.
La FFPE considère que le multilinguisme, la politique de langues et la
gestion des DG responsables (DGT et SCIC) avec 3200 employés, est une tâche à
la fois primordiale et compliquée. Le multilinguisme est au cœur de l’identité
européenne et représente un atout économique, dans la mesure où l'Europe est et
doit rester le leader en technologies linguistiques (traduction automatique,
systèmes IT…).
Mais le défi est surtout politique: si la Commission européenne ne
communique pas avec le citoyen dans sa langue, elle ne sera jamais acceptée
comme entité démocratique. Une Europe unilingue ne sera jamais populaire.
Or, le multilinguisme est aujourd'hui une valeur menacée, dans le
contexte des institutions européennes. Cela vaut pour l'utilisation des
langues aussi bien que pour le maintien de nos collègues qui, pendant près
de 50 ans, ont garanti la qualité des traductions et interprétations.
En dépit
des déclarations officielles, la "langue unique" s’impose.
Affiches et panneaux sur les bâtiments de la Commission, documents,
manuels, appels d'offre, réunions… L'anglais domine sur les autres langues.
Tandis qu’EPSO, sur son site web, affiche au moins dans trois langues,
les annonces imprimées pour des dizaines de postes ne se trouvent plus que dans
l'Economist et le Financial Times !!
Dernièrement, la Commission a été condamnée par le Tribunal de Première Instance (Affaire T-185/05) à propos de la publication externe au J.O. des avis de vacances pour les postes d'encadrement supérieur qui se font uniquement en allemand, anglais et français (voir les détails ICI ).
Si la Commission a fait
des progrès avec ses sites web, rédigés en deux ou trois langues voire 23, ses
Agences ont une seule langue de travail!!
D'Alicante à Varsovie,
d’Helsinki à Thessalonique, c'est le tout-anglais.
Ni la France ou
l'Allemagne ne font des efforts sérieux à cet égard. Depuis des années ces
agences ne travaillent que dans la langue unique et ces pays ne font rien au
Conseil pour clarifier la question linguistique dans le Règlement établissant
une nouvelle Agence.
Au moment de
l'élargissement, dans les négociations, il n’y avait que des documents et
réunions en anglais.
Signal clair pour la jeune
élite de ces pays et les nouveaux collègues qui arrivent à Bruxelles.
·
Apprendre
le français c'est dépassé,
·
Apprendre
l'allemand c'est inutile,
·
Et
apprendre l'italien ou l’espagnol c'est presque une faute.
Il est bien beau
d'introduire dans le Statut, l’article 45 § 2, qui oblige de connaître une
troisième langue…
Les services de
linguistiques les plus importants et les plus performants du monde (SCIC
et DGT) sont peu à peu sabotés par négligence, dévalorisation et
désorganisation de leurs personnels.
La FFPE lance un appel à M. Orban et lui
demande :
Qu'allez-vous faire pour redresser la barre
?
P-Ph. Bacri, Ph.
Bioul, J-L. Blanc, U. Bolduan, T. Iacobelli di Mascio,
F. Kessler, M. Toson, D. Birkenmaier, M. De Meerleer