Un communiqué de presse du Parlement européen
Des enseignants polyglottes spécialement formés et des fonds supplémentaires sont nécessaires pour faciliter l'intégration dans les écoles de l'UE des enfants de migrants en nombre sans cesse croissant, estiment les députés dans un rapport d'initiative adopté ce jeudi.
Langue maternelle et langue du pays d'accueil
Les États membres doivent promouvoir les langues et cultures des pays d'origine des enfants d'immigrés dans leur éducation scolaire, affirme le rapport de Hannu Takkula (ADLE, FI) sur "l'éducation des enfants des migrants" adopté à une large majorité par 431 voix pour, 55 voix contre et 94 abstentions. Cela facilitera l'intégration des enfants dans leur nouvel environnement, soulignent les députés.
Toutefois, les députés affirment avec force que les enfants et les adultes migrants ne pourront s'intégrer pleinement que s'ils ont la possibilité d'apprendre la langue du pays d'accueil. Il est essentiel, dans cette perspective, que les parents des enfants migrants, notamment leurs mères, soient impliqués dans les programmes d'enseignement des langues officielles du pays d'accueil, afin que les enfants ne se retrouvent pas en marge de la société et afin de les aider à s'intégrer au système scolaire.
Les gouvernements des États membres sont invités à garantir une éducation aux enfants des migrants légaux, y compris l'enseignement des langues officielles du pays d'accueil, mais également la promotion de la langue maternelle et de la culture du pays d'origine;
Education multilingue
Pourtant, la référence à l'enseignement "bilingue" faite dans ce rapport a suscité une controverse, certains députés redoutant que cela revienne à enseigner une seule langue du pays d'accueil. Des pays ayant plus d'une langue officielle ont fait état de leurs préoccupations et le compromis trouvé au final prévoit que les enseignants doivent être préparés aux "approches relatives à l'éducation multilingue" et que les enfants doivent apprendre toutes les langues de leur pays de résidence.
Toutefois, "la place dans le programme des cours de l'enseignement de la langue maternelle doit être explicitement laissée à la discrétion des États membres", ont aussi convenu les députés.
Le rapport recommande aussi l'extension du champ d'application d'une directive datant 1977 qui oblige les Etats membres à dispenser des cours de langues gratuits aux enfants de migrants des pays de l' UE, en vue d'y inclure des enfants de toutes les origines.
Enfin, la Commission est invitée à faire état régulièrement des progrès en matière d'intégration des enfants de migrants et à encourager l'échange des meilleures pratiques.