Résumé : Le thaï de Phuket se caractérise par un mélange d’emprunts lexicaux venant de plusieurs sources ethnolinguistiques : chinois dit « minnan », malais et anglais. Les habitants de Phuket se composent de plusieurs ethnies : Chinois du sud de la Chine (de la région Fujian), Malais de Penang, Thaïs du sud. Le thaï de Phuket a ses propres caractéristiques telles que la quasi-transformation des voyelles longues en voyelles courtes, ce qui le distingue des autres dialectes du sud, si bien que les habitants de Phuket peuvent avoir des difficultés à se faire comprendre de ceux des provinces environnantes. Cet article retrace l’enfance et l’adolescence d’un francophile de Phuket : ses stratégies personnelles mises en œuvre pour réussir à bien prononcer le thaï central de Bangkok et pour apprendre le français. Comment, en assistant à des projections de film sur la place publique de son village et en observant leur doublage simultané par des professionnels, s’est-il inspiré de ceux-ci pour réviser la conjugaison des verbes français et organiser, pour lui seul, des dialogues ainsi que parler un dialogue à plusieurs personnages pendant qu’il saignait des hévéas avec son père ? Comment la méthode audiovisuelle de « La France en direct » a-t-elle réussi à le motiver et déterminé son parcours universitaire ? Quel a été le rôle de son premier professeur de français qui savait manipuler des figurines en papier sur un tableau de feutre pour soutenir les voix des enregistrements sur bandes magnétiques ? Comment cette méthode a-t-elle pu ancrer certains sons, inexistants dans sa langue maternelle, dans le cerveau de l’apprenant de sorte qu’il sache les entendre avant de créer des automatismes, des réflexes lui permettant de mieux appréhender le français appris ?