Un article paru le 15 mai 2009 sur TSRinfo.ch
La représentation équitable des quatre langues nationales dans l'administration fédérale n'est qu'une illusion. Le déséquilibre est particulièrement visible chez les cadres, selon une étude. Quant aux textes de loi, ils sont presque toujours rédigés en allemand.
Entre 2001 et 2008, 72,7% des employés de l'administration fédérale étaient alémaniques. C'est la conclusion du rapport publié par l'équipe de Daniel Kübler, de la Haute école spécialisée du Nord-Ouest de la Suisse, dans le cadre du programme national de recherche "Diversité des langues et compétences linguistiques en Suisse" (PNR 56). Des chercheurs de l'Université de Lausanne y ont également participé.
La part des fonctionnaires romands s'est élevée à 20,3% durant la même période. Les Italophones et les Romanches étaient respectivement 6,7% et 0,3%. Ces chiffres donnent l'impression d'une représentativité des groupes linguistiques proportionnelle à leur importance en Suisse, a indiqué le chercheur à l'ATS. Mais d'investigations plus minutieuses ressort un autre résultat.
Surreprésentation alémanique au DFAE et au DDPS
Dans les fonctions dirigeantes, les écarts étaient encore plus importants. Appartenir à une minorité linguistique réduit fortement les chances de promotion. La langue maternelle d'un supérieur a une influence sur le choix des nouvelles recrues: les offices fédéraux employant de nombreux cadres francophones comportent davantage de collaborateurs parlant la langue de Molière, selon l'étude. Mais de loin pas assez: l'utilisation quotidienne des langues minoritaires est déficitaire, a souligné le professeur Kübler.
Les lois sont à peu d'exceptions près rédigées d'abord en allemand. Le français et l'italien ne lui sont préférés que lorsque les textes traitent de sujets moins importants. Ce qui entrave la participation des Latins à l'élaboration des lois.
ats/ps