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Parution de Glottopol n°15 : Oralité et écrit en traduction

Avant-propos par Yves Gambier & Olli Philippe Lautenbacher

Les technologies de l'information et de la communication (TIC) bousculent de plus en plus les modes et les genres traditionnels de l'écrit, en y réintégrant la langue orale ou les diverses formes d'oralité. Leur impact se fait déjà sentir dans les pratiques de nos communications et brouille des catégories comme celles d'écrit et d'oral. Ce qui peut paraître imperceptible dans une langue donnée, parce que lié à des changements plus ou moins lents ou vite acceptés, devient problématique lorsqu'on travaille entre plusieurs langues/cultures : l'impensé ou le non-dit doit être alors réfléchi, des décisions mûries doivent être prises, certaines stratégies doivent être appliquées en toute connaissance de cause.

Pendant longtemps, les linguistes ont insisté sur la coupure entre le code écrit, plutôt sacralisé via la littérature, et le code oral, premier pourtant dans l'acquisition et la maitrise de la langue dite maternelle. Qu'on se rapporte aux tensions et circonlocutions dans les définitions proposées par les analyses de discours, la linguistique textuelle, les analyses conversationnelles, sans oublier le décalage dans le temps et en volume entre les analyses portant sur les écrits et celles portant sur les oraux. Par ailleurs, l'anthropologie culturelle a tôt fait de souligner les fonctionnements des sociétés à tradition orale, non sans convergence avec l'évolution de nos sociétés - de l'imprimerie à l'informatique, au numérique et à toutes les possibilités du virtuel. Le pouvoir de l'écrit s'estompe donc au fur et à mesure que l'oral et l'oralité s'immiscent dans nos interactions. Lire la suite et voir le sommaire du numéro...