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La nouvelle politique linguistique suédoise et les minorités

Source : bulletins-electroniques.com

BE Suède 12, 2 mars 2010

Le 22 février 2010, le Conseil des langues de Suède (Språkrådet)[1] a organisé un séminaire sur la politique linguistique suédoise à l'Institut finlandais (Finlandsinstitutet).

Après un accueil effectué par Riina Heikkilä[2], Hannele Enab a rappelé les missions principales du Conseil en matière de diversité des langues, toutes deux travaillant comme linguistes expertes auprès de cette structure. Lena Ekberg, chef du Conseil des langues de Suède, a commenté point par point la loi sur les langues en vigueur en Suède (2009 :724) depuis le 1er janvier 2010. Le paragraphe 4 de cette loi présente le suédois comme langue principale en Suède (huvudspråk) : le paragraphe 5 ajoute que le suédois est la langue commune aux résidents sur le territoire suédois et qu'elle doit pouvoir être utilisée dans les différents domaines sociaux. Lena Ekberg a regretté en particulier le fait que dans le domaine de la recherche on utilise d'emblée l'anglais en Suède. Le paragraphe 7 de la loi nomme les cinq langues minoritaires nationales : le finnois, le yiddish, le meänkieli, le rom (romani chib) et le sami[3]. La modification de la loi en 2009 ajoute la reconnaissance de ces minorités linguistiques. La langue des signes est également défendue en Suède et la collectivité a la responsabilité de faire en sorte que les publics handicapés (sourds-muets) aient accès à cette langue. Kaisa Syrjänen Schaal, secrétaire du département au ministère de l'intégration et de l'égalité, a présenté la loi sur les minorités nationales et la langue de ces minorités. Elle a rappelé les difficultés concrètes auxquelles sont confrontées les minorités nationales : il existe par exemple plusieurs dialectes samis qui compliquent l'effort effectué pour respecter le multilinguisme. Alors qu'il y avait huit écoles dont l'enseignement était complètement effectué en langue samie, elles ne sont plus que cinq aujourd'hui, d'où la nécessité d'encourager le multilinguisme dans les lieux publics (administrations)[4]. Entre 2000 et 2009, un budget de 10 millions de couronnes a été alloué au respect des langues minoritaires. En 2010, 80 millions de couronnes ont été programmés dont la moitié est destinée à subventionner les communes mettant en place des services en plusieurs langues minoritaires.

Rickard Domeij, expert auprès du Conseil des langues, a effectué une présentation sur le multilinguisme et les nouvelles technologies en se fondant plus précisément sur l'usage des langues minoritaires sur les sites des administrations publiques suédoises. Aujourd'hui, environ 70% des Suédois utilisent de manière quotidienne les nouvelles technologies. Il existe néanmoins une fracture digitale puisqu'environ 2 millions de Suédois (28% de la population) n'ont pas accès à ces technologies. Il importe par conséquent de tenter de résorber cette fracture digitale qui est aussi linguistique, même si une perspective multilingue manque pour l'instant. L'information sur les langues minoritaires nationales reste assez mauvaise dans les communes suédoises. La conférence s'est déroulée en suédois avec une traduction simultanée en langue des signes devant environ 150 personnes.

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[2] : Riina Heikkilä avait participé à la conférence sur "le multilinguisme, la diversité culturelle et les minorités ethniques en Suède" organisée par l'Institut français au musée nordique les 2 et 3 septembre 2009 grâce en partie au soutien du fonds d'Alembert du Ministère des affaires étrangères français.

[4] : La loi 2009:724 offre plus de garanties aux communautés samies, meänkieli et finnoises du point de vue de la pratique de leur langue.
 
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