Publié le 18 janvier dans le Blog Libération de Jean Quatremer
Nicolas Sarkozy a nommé un preux
chevalier pour venir au secours de la belle francophonie que l’ogre
anglophone menace de dévorer toute crue. Paré, depuis octobre dernier,
du titre de « représentant personnel du Président de la République pour
la francophonie », l’ancien premier ministre, actuel sénateur UMP et
membre du conseil permanent de l’Organisation internationale de la
francophonie (OIF), Jean-Pierre Raffarin, n’écoutant que son courage,
s’est rendu dans la tanière de la bête, à Bruxelles, jeudi dernier,
prêt à assumer tous les risques : « quand on défend la francophonie,
c’est prendre le risque de la ringardisation », a-t-il soupiré. Il est
reparti, dépité, sans assurance que la belle ne serait pas dévorée
jusqu’au dernier escarpin, accompagné d’un jeune journaliste d’Europe 1
que la situation politique française intéressait beaucoup plus que la
situation de la francophonie.