Il existe dans chaque langue, chaque culture, chaque littérature une part intraduisible. Le standard idéal est un festival de théâtre des frontières.
URL : www.radiofrance.fr/chaines/france-inter01/speciales/2006/theatre/standard/
| Festival Le standard idéal 3ème édition - du 6 janvier au 5 février 2006 , MC 93 |
MC93 Bobigny
"Il existe dans chaque langue, chaque culture, chaque littérature, une part intraduisible, intransmissible. C'est cette part qui nous intéresse. Est-ce un leurre, nous pensons que c'est dans cette incommunicable, cette part secrète que réside une réponse possible au mystère du théâtre.
Le standard idéal est un festival de théâtre des frontières. "
Patrick Sommier
Voilà la programmation de la 3ème édition de notre Festival le Standard Idéal, riche en découverte avec 3 metteurs en scène qui viennent pour la 1ère fois en France comme Christoph Schlingensief, Jan Bosse et Michael Simon avec des spectacles "époustouflants" qui ne laisseront pas indifférents. Et pour ceux qui les connaissent déjà vous retrouverez la très talentueuse Meret Becker, sans oublier Arpad Schilling et René Pollesch.
"Au mystère du théâtre s'ajoute le mystère de la langue. L'histoire complète cette culture commune de la différence. L'histoire à laquelle tout le monde à droit en même temps qu'un acte de naissance. L'Histoire qui montre comment les hommes vivent ensemble. Comment ils vivent, à quoi ils rêvent, quelles paroles leur viennent aux lèvres pour dire leurs espoirs et leurs échecs, leurs mystères et leurs secrets, quelles sont leurs forces et leurs faiblesses, comment résistent-ils à la lente agonie du monde ?" Patrick Sommier
Die Präsidentinnen Les Présidentes
Werner Schwab /Jan Bosse
Schauspiel Frankfurt
Spectacle en allemand surtitré
du 6 au 8 janvier 2006
vendredi et samedi à 20 h 30 - dimanche à 15 h 30
Étranges, tragi-comiques, obscènes : trois évangiles de femme selon Schwab dans son texte le plus connu. Trois rôles grinçants pour des comédiennes grandioses, qui animent d'une poésie propre cette construction langagière artificielle opposée à la propreté et à l'ordre du monde. Dans un cadre débordant de bibelots petits-bourgeois, ces trois déesses du cloaque s'imposent les unes aux autres leur histoire respective : vérités, rêves et cauchemars nés d'un univers violent et ordurier, dans lequel les trois femmes s'affirment avec une dignité insolente et grotesque.
Høllekin gen 40° Meret Becker
Berlin
du 12 au 14 janvier 2006
du jeudi au samedi à 20 h 30
Meret Becker est une des âmes de Berlin. Elle habite à Kreuzberg, dans le cœur du cœur de Berlin. Meret est une des plus grandes artistes allemandes. Qu'elle soit avec son trio ou sa copine Nina Hagen, elle chante avec le même talent Kurt Weill que les Beatles. Elle danse, joue la comédie et des tas d'instruments. Elle crée des images et des sons envoûtants. Høllekin ! C'est ce qu'on dit en levant son verre en Finlande. Un pays plongé la moitié de l'année dans l'obscurité des neiges éternelles sur lesquelles se lèvent de fantomatiques aurores boréales. Pas étonnant que les Finlandais se jettent par la fenêtre de temps à autre. Mais comme ils habitent toujours au rez-de-chaussée et qu'il y a dehors un épais tapis de neige, ils se ratent toujours !
Prinzessinnendramen Drames de princesses
Elfriede Jelinek / Michael Simon
Badisches Staatstheater Karlsruhe
Spectacle en allemand surtitré
du 14 au 16 janvier 2006
samedi et lundi à 20 h 30 – dimanche à 15 h 30
Cinq femmes sur la scène, déclinant les mythes et les stéréotypes qui structurent la perception des sexes et des rôles sociaux qui y sont attribués : pouvoir, séduction, souffrance, sentiment. La morphologie des contes de Blanche Neige et de La belle au bois dormant aussi bien que l'introspection d'une Jackie Kennedy fournissent autant de matrices pour explorer nos représentations des rapports homme-femme. Entremêlant l'inquiétant et le grotesque, l'analyse et l'ironie, le texte fleuve de Jelinek n'apporte pas de réponses mais des éclairages multiples. À ce jeu constant sur les images, flirtant toujours avec leur superficialité, Michael Simon confronte la grammaire de ses espaces monumentaux.
Siráj (La Mouette)
Anton Tchekhov / Árpád Schilling
Compagnie Krétakör, Budapest
Spectacle en hongrois surtitré
du 20 au 29 janvier 2006
du mardi au samedi à 20 h - dimanche à 15 h 30
La Mouette, dans la mise en scène d'Árpád Schilling a été créée le 23 octobre 2003 au Club Fészek. Un club d'artistes de cent ans qui a toujours été un lieu de liberté à Budapest. Avec les comédiens de Krétakör, les personnages de La Mouette sont comme poussés dans leur retranchement, dans un cul-de-sac. Il n'y a plus d'issue, plus de compromis possible. Ils révèlent un Tchekhov moins en demi-teintes comme il est d'usage de l'interpréter. Krétakör, le « cercle de craie » en magyar, est la meilleure compagnie hongroise, une des plus importantes en Europe.
Kunst und Gemüse, A. Hipler
Christoph Schlingensief
Volksbühne am Rosa-Luxemburg-Platz, Berlin
Spectacle en allemand surtitré
3 et 4 février 2006
vendredi et samedi à 21 h
Schlingensief approche le théâtre en suivant les évolutions des arts plastiques et de la musique moderne, ici l'opéra dodécaphonique de Schönberg Von heute auf morgen, l'histoire d'un couple qui se sépare et se réunit en l'espace d'une journée. Douze comédiens évoluent dans une exposition d'art vivante dans laquelle ils prêtent leur voix et leur corps aux douze tons de la musique de Schönberg. Mais la profusion de signes, de sons et d'images adressés aux spectateurs, renvoie plus largement à l'art et à son marché aujourd'hui. Que ce soit dans ses performances d'artiste actionniste ou dans ses mises en scènes d'opéra dans le sanctuaire wagnérien de Bayreuth, Schlingensief traque tout ce qui peut figer l'homme et l'art, et le théâtre.
Prater Saga 5, La magie du désespoir
René Pollesch
Volksbühne am Rosa-Luxemburg-Platz, Berlin
Spectacle en allemand surtitré
du 3 au 5 février 2006
vendredi et samedi à 19 h
Diabolo et Twopence-Twopence, deux jeunes vidéastes à la recherche d'images qui pourraient coller à leur vision de la vie, sont les protagonistes d'une saga en cinq parties qui prend fin avec La magie du désespoir. René Pollesch revient ici sur l'éternel sujet qu'est l'amour : qu'est-ce que « le réel dans l'amour » quand la solidarité est rendue impossible par « l'intensité avec laquelle nous nous déshumanisons » dans nos relations ? Dans la scénographie de Bert Neumann, qui pourrait tout aussi bien servir de coulisse à des télénovas brésiliennes qu'à des films d'horreur nigérians, Pollesch s'attaque une fois de plus à la mondialisation.