Article original de Jean-Marie Denninger, publié le 15 juillet sur le site point24
Les professeurs de français craignent une remise en cause de
l'enseignement systématique de trois langues: allemand, français et
anglais. Les conséquences en seraient dramatiques vu l'importance du
français sur le marché du travail. Des déclarations des négociateurs du
prochain accord de gouvernement laisseraient supposer un
assouplissement du trilinguisme considéré comme un atout du système
éducatif.
Après la FEDUSE (Fédération des universitaires), c'est au tour de l'Association des professeurs de français, présidée par Jean-Claude Frisch, de monter au créneau. «Certains hommes politiques semblent croire que les exigences actuelles sont démesurées et qu'il faut exceller dans toutes les langues pour décrocher le baccalauréat, une vision des choses très éloignée de la réalité», lance l'association en donnant des exemples de la souplesse existant déjà.
École à deux classes
Les professeurs de français
affirment qu'ils s'opposeront à l'instauration d'une option «français
deuxième langue» dans le secondaire. «Il serait irresponsable de donner
aux élèves l'impression qu'ils peuvent se contenter d'un français au
rabais», affirme l'association, «car cette langue est de loin la plus
demandée sur le marché du travail».
Une filière «allemand première langue» risquerait donc de devenir une voie de garage pour beaucoup d'élèves et de créer une autre école à deux classes. Les élèves issus de milieux favorisés seraient incités par leurs parents à opter pour le français alors que d'autres, moins bien informés, se laisseraient abuser par le leurre d'un bac sans peine et se retrouveraient avec un diplôme de moindre valeur.
Une filière «allemand première langue» risquerait donc de devenir une voie de garage pour beaucoup d'élèves et de créer une autre école à deux classes. Les élèves issus de milieux favorisés seraient incités par leurs parents à opter pour le français alors que d'autres, moins bien informés, se laisseraient abuser par le leurre d'un bac sans peine et se retrouveraient avec un diplôme de moindre valeur.