Article de Marie-Laure Théodule publié le 26 mars 2009 sur le site La Recherche
Certaines langues disparaissent, mais pas n’importe où, et pas n’importe comment. D’autres s’imposent. Un phénomène complexe auquel nous consacrons notre dossier du mois d’avril.
Les chiffres sur les langues menacées de disparition sont alarmants.
La dernière édition de l’atlas de l’Unesco annonce 2511 langues en
péril parmi les quelques 7000 langues vivantes de la planète. D’autres
sources prévoient que 50% à 90% des langues actuelles auront disparu
d’ici à la fin du siècle.
Notre dossier d’avril 2009 fait écho à ces chiffres en montrant
pourquoi la situation n’est peut-être pas aussi grave qu’il y paraît.
Tout d’abord, les prévisions sont fondées sur une idée reçue : une
langue parlée par moins de 10 000 locuteurs serait menacée de
disparition. Mais pourquoi 10 000, pourquoi pas 5000 ?
Comme le montre le linguiste Louis-Jean Calvet de l’Université de
Provence bien d’autres paramètres que le nombre de locuteurs entrent en
jeu : importance dans le commerce, reconnaissance officielle, place sur
Internet etc. De plus, quand des langues disparaissent, d’autres
apparaissent, tel le spanglish, ou renaissent, comme l’hébreu.
Néanmoins, interviewé sur ce sujet, Jean-Marie Hombert, du
Laboratoire dynamique du langage de l’Institut des Sciences de l’Homme
à Lyon, explique à travers l’exemple du continent africain pourquoi la
disparition d’une langue reste toujours une atteinte à la diversité
culturelle.
Le dossier s’achève avec un bilan sur la pénétration de l’anglais en Europe dans les sphères d’influence que sont la Recherche, l’Enseignement supérieur et les Entreprises. Une analyse écrite par Claude Truchot, professeur émérite à l’Université de Strasbourg. En complément, une double page d’infographie donne une vision planétaire des langues réellement en voie d’extinction, celles que l’on appelle moribondes. Les régions les plus menacées sont situées en Australie, en Amérique, et en Sibérie orientale.
En kiosque le 26 mars 2009