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Plurilinguisme et identités au Canada (dir. Michel Pagé)

Diversité urbaine

  • Direction : Deirdre Meintel (codirectrice) et Marie-Nathalie LeBlanc (codirectrice)
  • Éditeurs : Groupe de recherche diversité urbaine et CEETUM
  • ISSN : 1913-0694 (imprimé) 1913-0708 (numérique)


Numéro hors série, automne 2008, p. 5-176

  • Plurilinguisme et identités au Canada
  • Sous la direction de Michel Pagé, Richard Y. Bourhis et Patricia Lamarre
   

Michel Pagé, Richard Y. Bourhis et Patricia Lamarre

Présentation

Pages 5–8

[PDF 65 ko]  [Notice

   

 

Fred Genesee

Bilingual First Language Acquisition: Evidence from Montreal

Pages 9–26

[PDF 119 ko]  [Résumé

L’alternance de codes (ou « code-mixing ») chez les personnes bilingues est l’utilisation d’éléments (phonologiques, lexicaux et morpho-syntaxiques) provenant de deux langues dans le même énoncé, dans la même partie de conversation ou dans différentes situations. L’alternance de codes est un phénomène omniprésent chez les enfants et les adultes bilingues. Ce phénomène a été interprété par les chercheurs et la population générale comme une indication de confusion et d’incompétence linguistique chez les enfants bilingues. Cet article présente plusieurs études portant sur ce phénomène auprès d’enfants bilingues de Montréal ayant appris le français et l’anglais simultanément. Les aspects suivants furent examinés : leur capacité à différencier les langues qu’ils acquièrent, à changer de langue dans différentes situations de communication, à changer de langue pour répondre aux réactions des interlocuteurs ou pour compenser les limites de leurs habiletés langagières en développement. Contrairement à la pensée voulant que l’alternance de codes soit une preuve de confusion et d’incompétence, plusieurs preuves suggèrent que ce phénomène reflète plutôt des compétences linguistiques et de communication, et ce, même dans les étapes très précoces de l’acquisition simultanée de deux langues.

   

 

Mela Sarkar

« Ousqu’on chill à soir? » Pratiques multilingues comme stratégies identitaires dans la communauté hip-hop montréalaise

Pages 27–44

[PDF 107 ko]  [Résumé

Dans ce bref portrait sociolinguistique de la culture hip-hop de Montréal, Mela Sarkar et son équipe de recherche de l’Université McGill confrontent les défenseurs de la « Québéquicité », c’est-à-dire être blanc et parler français avec l’accent approprié, aux pratiques multilingues qui caractérisent la communauté hip-hop montréalaise. En effet, les jeunes de la génération hip-hop au Québec inventent un nouveau langage hybride et mixte, né de l’amalgame des langues et cultures d’origines diverses que l’immigration et les politiques linguistiques ont introduites dans les écoles québécoises de langue française en milieu urbain. Les pratiques multilingues qu’ont créées les jeunes rappeurs québécois scolarisés en français en milieu multiethnique montréalais agissent comme des stratégies d’affirmation identitaire pour toute une génération.

   

 

Rodrigue Landry, Réal Allard et Kenneth Deveau

Un modèle macroscopique du développement psycholangagier en contexte intergroupe minoritaire

Pages 45–68

[PDF 385 ko]  [Résumé

L’article présente un modèle macroscopique du développement psycholangagier en contexte intergroupe minoritaire. Ce modèle comprend quatre niveaux d’analyse et décrit un rapport de force entre un endogroupe minoritaire et un exogroupe majoritaire, montrant comment le développement psycholangagier des membres du groupe minoritaire peut être à la fois le produit d’un déterminisme social et le fruit d’une autodétermination de l’individu et du groupe. Les relations entre différents types de socialisation ethnolangagière et plusieurs variables psycholangagières sont décrites par l’entremise d’un modèle vérifiable à l’aide de la modélisation par équations structurelles. Ces deux modèles montrent que certains aspects du développement psycholangagier sont fortement associés à la vitalité ethnolinguistique du groupe alors que d’autres peuvent être davantage pris en charge par l’individu et le groupe. Le concept d’autonomie culturelle permet de faire une synthèse des divers facteurs reliés à la revitalisation d’une communauté ethnolinguistique minoritaire.

   

 

Donald M. Taylor, Julie Caouette, Esther Usborne et Stephen C. Wright

Aboriginal Languages in Quebec: Fighting Linguicide with Bilingual Education

Pages 69–89

[PDF 151 ko]  [Résumé

Les peuples autochtones du Québec luttent afin de préserver la survie de leur langue et de leur culture. Un élément essentiel de la décolonisation et de l’autonomisation autochtone est la protection et l’enrichissement de la langue ancestrale autochtone. Dans cet article, nous effectuons une analyse de vingt années de recherche dans le Nord du Québec (Nunavik) impliquant des élèves inuits scolarisés en français et en anglais. Nos recherches ont révélé que ces enfants non seulement apprennent mieux dans leur propre langue ancestrale plutôt que dans une des langues dominantes de la société, mais aussi qu’ils développent une image d’eux-mêmes plus positive, et une représentation plus saine des Inuits en tant que groupe. Il est démontré que l’enseignement bilingue est d’une importance cruciale, contribuant à la vitalité de la langue et de la culture inuites.

   

 

Donna Patrick

Inuit Identities, Language, and Territoriality

Pages 91–108

[PDF 99 ko]  [Résumé

Cet article offre un cadre pour comprendre la complexité sociale des liens entre la langue, l’identité et la territorialité (ou l’attachement au lieu). Reposant sur une recherche qualitative faite parmi les Inuits de l’Arctique canadien et d’Ottawa, j’y discute des identités inuites en relation avec le rôle joué par les processus locaux, régionaux, nationaux et mondiaux dans la construction de l’« Inuitness » et la transformation des identités indigènes sur les plans national et mondial. Cet article mettra en lumière que, bien que l’inuktitut soit soutenu par des structures institutionnelles et politiques au Nunavik et au Nunavut, l’anglais et le français sont devenus de plus en plus importants dans la vie quotidienne nordique. En même temps, la migration inuite vers les villes du Sud a présenté de nouveaux défis et a établi de nouvelles priorités dans la formation du plurilinguisme nécessaire à la vie inuite urbaine.

   

 

Jessica L. Shulman et Richard Clément

Expressing Prejudice through the Linguistic Intergroup Bias: Second Language Confidence and Identity among Minority Group Members

Pages 109–130

[PDF 166 ko]  [Résumé

Le rôle de la communication verbale dans la transmission des préjugés a reçu une attention soutenue. Par l’application du paradigme du biais linguistique intergroupe (Maass, Salvi, Arcuri, & Semin, 1989), cette étude examine les conditions dans lesquelles des Canadiens français minoritaires font preuves de biais linguistique lorsqu’ils parlent de l’endo- et de l’exogroupe (les Canadiens anglais). Des données furent donc recueillies auprès de 110 étudiants francophones. Les résultats confirmèrent les prédictions, mais seulement lorsque l’identification à l’exogroupe était élevée. De plus, l’identification à l’exogroupe et la confiance langagière en langue seconde étaient toutes deux reliées à une diminution de la dérogation de l’autre groupe; cependant, ces mêmes facteurs semblent promouvoir des paroles biaisées à l’égard de l’endogroupe. Les résultats sont interprétés dans le cadre des théories de la communication intergroupe.

   

 

Roxane de la Sablonnière

Le bien-être psychologique des francophones et des anglophones : le rôle des points tournants de l’histoire du Québec

Pages 131–144

[PDF 89 ko]  [Résumé

La privation relative temporelle est le sentiment de menace ressenti par les individus suite à des comparaisons négatives entre la situation actuelle de leur groupe d'appartenance et la situation de leur groupe dans le passé. Les travaux empiriques antérieurs sur la privation relative temporelle ont identifié un lien prédictif modéré négatif entre la privation relative temporelle et le bien-être psychologique. Traditionnellement, les chercheurs qui ont évalué la privation relative temporelle demandaient aux individus de comparer la situation actuelle de leur groupe avec un seul point de comparaison dans le passé. L’objectif principal du présent texte vise à reconceptualiser la théorie de la privation relative temporelle dans le contexte québécois des anglophones et des francophones où plusieurs points tournants de l’histoire du Québec seront considérés.

   

 

Catherine E. Amiot et Roxane de la Sablonnière

Immigrants in Québec: Toward an Explanation of How Multiple and Potentially Conflictual Linguistic Identities Become Integrated

Pages 145–161

[PDF 117 ko]  [Résumé

Cet article vise l’application d’un modèle théorique récemment développé afin de comprendre comment une nouvelle identité linguistique devient intégrée dans le concept de soi de nouveaux immigrants. Alors que les théories intergroupes classiques ont expliqué les changements situationnels dans les identités sociales, les changements plus profonds dans ces identités et leur intégration dans le soi restent à être identifiés. En nous basant sur des principes développementaux et cognitifs, les quatre stades du modèle seront élaborés afin d’expliquer les processus par lesquels une nouvelle identité linguistique devient intégrée dans le soi à travers le temps. Plus spécifiquement, nous nous penchons sur la situation vécue par les nouveaux immigrants qui, au Québec, doivent intégrer une et parfois deux nouvelles identités linguistiques (c.-à-d. le français et l’anglais). Les facteurs sociaux qui facilitent ou inhibent ces processus de changement identitaire et les conséquences associées à l’intégration d’une nouvelle identité linguistique sont aussi abordés.

   

 

Monica Heller

Repenser le plurilinguisme : langue, postnationalisme et la nouvelle économie mondialisée

Pages 163–176

[PDF 92 ko]  [Résumé

Il est devenu difficile aujourd’hui de maintenir la fiction de l’homogénéité et les marchés nationaux protégés issus du nationalisme moderne. L’expansion capitaliste force à s’ajuster à de nouvelles réalités bien identifiées par nombre d’auteurs importants : l’expansion des marchés et la recherche de ressources; la saturation des marchés et la nécessité de se concentrer sur la valeur ajoutée, les produits de niche, la spécialisation, la distinction; l’augmentation et la diversification des mouvements migratoires et des réseaux de communication et de circulation des biens; et l’émergence de la nouvelle économie mondialisée basée sur les services et sur l’information, qui favorise les formes de travail basées sur la communication, avec une commodification de la langue (Heller, 2003). Ces processus nous amènent à repenser les discours reliant langue, culture, identité et citoyenneté. Les liens transnationaux rendent le plurilinguisme plus attirant. Dans la sphère politique, on travaille à développer un nationalisme inclusif et respectueux de la diversité.

URI : http://www.erudit.org/revue/du/2008/v/nhs1/

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