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Suisse - Diversité linguistique et modalités de coexistence

Focus 4, septembre 2009

La Documentation française

Grande Europe : la revue sur les pays du continent européen

La coexistence, en Suisse, de quatre langues nationales (l'allemand, le français, l'italien et le romanche) est source de moins de problèmes et de frictions qu'en Belgique ou qu'au Québec. Ceci s'explique tout d'abord par des raisons historiques : la langue n'est devenue un clivage pertinent qu'au cours du XXe siècle et ce, de manière sporadique. Le facteur de démarcation le plus structurant sur le plan territorial s'est longtemps construit sur l'opposition entre protestants et catholiques. Dans la mesure où chaque communauté linguistique abrite des régions riches et d'autres qui le sont un peu moins, une différence fondée sur le niveau économique n'est pas non plus pertinente. L'existence d'entités fédérées fortes (les 26 cantons) vient encore compliquer la situation et amoindrir l'importance de la distinction linguistique. Enfin, l'ancrage territorial de chacune des langues amenuise encore les sources potentielles de conflit. Force est cependant de constater que, si elle ne permet pas d'expliquer les mécanismes politiques suisses, la séparation entre communautés linguistiques est en revanche tout à fait réelle sur le plan culturel (médias, littérature, références communes). A cet égard, chacune d'entre elles est beaucoup plus tournée vers son voisin respectif — Allemagne, France et Italie selon les cas — que vers le reste de la Suisse. Un mélange de règles, pour la plupart coutumières, d'ignorance réciproque et de décentralisation fédérale permet au final une cohabitation apaisée.