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Politiche e diritti linguistichi

Les Européens plébiscitent la Charte européenne du plurilinguisme

Cette initiative du Commissaire Léonard Orban que nous avions salué, a rencontré un succès exceptionnel qu'il faut souligner. Regrettons cependant que la Commission européenne persiste dans sa mauvaise habitude de ne faire bénéficier que les seuls anglophones de la version complète des textes jugés moyennement importants. L'importance de cette consultation n'a sans doute pas paru suffisante pour justifier la traduction de ce texte de 28 pages dans les 23 langues officielles. Les principales conclusions sont toutes en accord avec la Charte européenne du plurilinguisme , qu'il est possible et même recommandé de signer en ligne sur ce site :  
  • Plus de 96 % des répondants reconnaissent que la diversité linguistique de l'UE requiert une attention particulière de la part des politiciens européens et que les compétences linguistiques sont importantes pour leur vie quotidienne comme pour leur vie professionnelle.
  • Selon les répondants, les facteurs les plus importants pour un apprentissage réussi des langues sont un apprentissage précoce et l'expérience directe du pays de la langue cible.
  • La plupart des gens pensent que la diversité linguistique de l'UE est une ressource à protéger et souhaitent qu'elle soit placée dans un contexte allant au-delà des aspects économiques et fonctionnels, qui reconnaisse les identités et les cultures représentées dans les langues.
  • Les partisans de la cause des langues régionales et minoritaires pensent que l'on pourrait faire davantage pour le respect de ces langues, notamment dans les services éducatifs et publics, et voudraient que l'UE adopte un rôle plus protecteur à cet égard.
  • La plupart des répondants voudraient que les médias s'emploient à promouvoir un modèle de société interculturelle, attachée à l'identité linguistique et culturelle, et axée sur la tolérance et non sur la confrontation.
  • La grande majorité des répondants partagent l'avis qu'il est plus facile de faire des affaires à l'étranger lorsqu'on connaît la langue locale et que les entreprises ont dès lors intérêt à investir dans le développement des compétences linguistiques de leur personnel.
  • La plupart des répondants partagent l'avis que les migrants devraient préserver leur langue d'origine et traiter leur identité linguistique et culturelle comme une base nécessaire à 'intégration dans une communauté linguistique et culturelle différente de la leur.
  • La plupart des personnes estiment que les coûts représentés par le fait de travailler dans 23 langues officielles sont justifiés ou devraient même être augmentés.

Nous savons qu'il s'agit ici d'aspirations générales qu'il convient de traduire par des axes d'actions concrètes qui relèvent pour l'essentiel des Etats.

Le point central, et qu'il convient d'assumer, c'est la diversification de l'offre linguistique d'enseignement de l'école primaire à l'université.  Dans ce domaine, des choix explicites et courageux devraient  être faits concernant tout particulièrement la première langue qui doit être enseignée à l'école. Tant que l'on considérera que la première langue à enseigner est la principale langue de communication internationale, toute idée de diversification de l'offre d'enseignement restera un leurre, le modèle communautaire langue maternelle+2, un miroir aux alouettes pendant que l'hégémonie d'une seule langue ne cessera de se renforcer sans logique économique ni culturelle.

Le plurilinguisme nécessite une politique volontariste sur le long terme