Point de vue de Jean-Pierre Cavaillé, enseignant à l'Ecole des hautes études en sciences sociales, publié le 14 juillet 2001 sur le site Le Monde.fr
Curieux athéisme, que celui qui se range sous l'autorité des Ecritures pour argumenter, y compris en des domaines qui semblaient depuis longtemps émancipés du religieux. Michel Onfray, dans la livraison du Monde du 10 juillet, fait l'éloge de l'Espéranto et des idéaux attachés à cette langue, à vocation universelle : ouverture, cosmopolitisme, etc. Cela est beau et bon. Il y voit aussi l'accomplissement de l'athéisme dans la mesure, où selon lui, les hommes, en créant une langue universelle, s'émanciperaient des dieux, deviendraient les sujets actifs et non plus passifs de l'histoire. Qu'est-ce à dire ? Ne sont-ce pas les hommes qui forgèrent aussi toutes leurs langues tout au long de leur histoire ? En fait, si l'on suit la curieuse et très indigente démonstration de notre philosophe, on peut légitimement en douter ! Le Monde.fr