Edito
Les langues sont vivantes : elles naissent, se transforment, meurent. Certains chercheurs estiment que 50 % d’entre elles auront disparu d’ici à 2100. Les êtres humains communiqueraient-ils mieux s’ils ne parlaient plus qu'une seule et même langue ? Dans certaines situations, oui, sans doute, mais on a longtemps ignoré que les langues en usage dans les communautés font partie de l’identité des personnes. Pouvoir les apprendre et les utiliser est un droit fondamental, selon le Conseil de l’Europe, dont le Cadre européen commun de référence pour les langues publié en 2001 promeut la pluralité linguistique en fixant cet objectif : lutter contre la xénophobie et veiller au bon fonctionnement de la démocratie (« les langues et les cultures peuvent y contribuer par une meilleure connaissance des autres »).
Agnès Florin, Professeur de psychologie de l’enfant et de l’éducation à l’Université de Nantes