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L'OEP interroge Xavier Darcos

A plusieurs reprises, la dernière étant à l'occasion de la rentrée scolaire 2008, l'OEP s'est inquiété de la formulation employée par le ministre de l'éducation nationale, dont l'une des ambitions est de faire de nos bacheliers, des jeunes "bilingues". Tout le monde a compris que les français devaient parler anglais aussi bien que  leur langue maternelle, généralement le français, qui, de l'aveu du ministre lui-même, laisse passablement à désirer.

Comme il était possible de donner aux propos du ministre une autre interprétation, l'OEP a voulu en avoir le coeur net et a donc écrit au ministre la lettre ci-jointe à laquelle il a répondu personnellement au président et à la vice-présidente de l'OEP. Il y est rassurant quant à la sauvegarde de la diversité linguistique dans l'éducation en France.

Ceci n'empêche pas la poursuite de la polarisation de l'enseignement des langues sur l'anglais - déjà souligné en 1998 et 2003 par le sénateur Jacques Legendre - l'anglais représentant 90% de l'enseignement des langues en primaire, et la poursuite active, en dépit des  déclarations du président de la République, qui semble sur ce sujet bien isolé, de nos gouvernants, hors la ministre de la culture, d'une politique de renforcement de l'anglais comme langue des affaires, de la science et du droit. La dernière mesure en date étant la réforme du concours de l'ENM (école Nationale de la Magistrature) qui instaure au concours d'entrée dans cette école une discrimantion au bénéfice des forts en anglais. A notre avis, une exigence linguistique à la sortie de l'ENM, comme pour les pilotes d'avions, était largement suffisante, mais il n'y a pas de frein au zèle anglomane de nos décideurs.

Nous saluons donc l'entrée du ministre de l'éducation nationale français dans le club des défenseurs et promoteurs du plurilinguisme.