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Le Royaume-Uni en plein repli linguistique

Notre époque continue de vivre dans le mythe du progrès. Il suffit de lire les comptes rendus rassurants de conseils des ministres. Mais la régression est générale. On a jamais autant parlé de langues et de multilinguisme. C'est le signe que les langues vont mal. L'Unesco ne cesse de sonner l'alarme.

Tandis que l'anglais progresse sur tous les fronts, l'incompréhension généralisée s'installe. Et le gouvernement anglais prend des mesures pour réduire le niveau des jeunes anglais en langues étrangères : les jeunes britanniques sont fatigués!

Depuis 1984, les ministres de l'éducation européens prétendent avoir pris l'option de faire étudier de l'école au lycée 2 langues étrangères en plus de la langue nationale. N'en déplaise à Léonard Orban, dont les efforts doivent être soutenus, c'est le chemin inverse qu'a pris l'Europe. En se focalisant sur l'anglais, l'Europe organise sa régression linguistique, y compris en anglais.

Un fait divers significatif !

La Libre Belgique (p.no 10) Du laxisme dans l'apprentissage du français  

                       
Du laxisme dans l'apprentissage du français
Xavier Goossens

Mis en ligne le 19/02/2008
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Royaume-Uni
L'administration supprime l'examen oral. Inquiétude sur la qualité de l'enseignement.
Correspondant à Londres
Les Anglais viennent de découvrir le "Français sans peine". Après avoir fait fi de l'orthographe pour les examens en langues étrangères de fin du secondaire, les autorités vont supprimer complètement les examens oraux. " C'est trop stressant , estime lord Dearing de l'Autorité des Qualifications et des Programmes scolaires, et cela décourage les élèves ." Faut-il applaudir ? Voici ce que dit le gentil lord Dearing, chargé l'an dernier par le gouvernement de revoir l'enseignement des langues modernes : " Il est intéressant de noter que quand les personnes se souviennent de leurs examens oraux, elles s'en souviennent comme d'une expérience stressante. Nous avons dès lors décidé de changer ." Au lieu d'avoir une conversation de dix minutes jugée par des assesseurs indépendants, les élèves seront évalués dans leurs écoles habituelles, dans un décor rassurant, par leurs professeurs habituels.

Ce suivi de l'élève, pour lord Dearing, remplacera " le jet de dé " que représente un examen oral de fin d'année. " Ce sera mieux ." Malheureusement, cette décision de l'Autorité des Qualifications et Programmes scolaires s'inscrit dans un contexte peu rassurant.

Le gouvernement travailliste n'a-t-il pas déjà décidé voici quelques mois de ne plus embêter les gentils élèves avec tous ces problèmes démodés d'orthographe, de construction de phrases, de rédaction de texte ? Pour obtenir son Certificat général d'enseignement secondaire (GCSE) en français, il suffit au jeune cancre de répondre à un questionnaire à choix multiple, de cocher la bonne case, de trouver la phrase correspondante. A ce jeu, n'en déplaise à lord Dearing et à son " jet de dé ", même les plus ignares ont mathématiquement leur chance. Cela ressemble fort à un nouvel adoucissement des exigences académiques pour améliorer les statistiques scolaires plus qu'à ramener à l'étude des langues une jeunesse rebelle.

Le français doit être facile. L'enseignement des langues est désormais facultatif à partir de 14 ans. Plus d'un millier d'établissements secondaires n'ont plus d'examens de fin d'étude en langues étrangères.

La mesure a ses adversaires. Pour le professeur Alan Smithers, " la raison d'apprendre une langue, c'est de pouvoir s'en servir dans toutes les circonstances ". Pour M. Michael Gove, le porte-parole conservateur, "a près avoir dit aux élèves qu'ils pouvaient réussir en langues sans écrire un mot, on leur dit maintenant qu'ils peuvent passer sans en prononcer un seul ".

Et l'enseignement de l'anglais alors ? Le professeur Richard Pring vient de faire un tabac à l'université d'Oxford en ridiculisant le charabia des autorités qui, faisant écho à George Orwell dans un document officiel, ont remplacé les mots " école ", " étudiant ", " enseignement " et " qualité ", par, respectivement, " fournisseur" , " client ", " distribution " et " indicateur de performance ".