Un lecteur du Monde diplomatique écrit ceci :
L’enseignement de l’anglais n’est aucunement obligatoire à quelque niveau de l’école élémentaire que ce soit. Ce qui est obligatoire, c’est l’enseignement d’une langue vivante, effectivement à partir du CE1 depuis 2008. Le choix est laissé aux équipes pédagogiques des écoles, en tenant compte de la carte des langues disponibles dans les collèges où les élèves doivent aller ensuite — cela n’est pas impératif, mais fortement conseillé. Il est vrai que la facilité va à l’enseignement de l’anglais (…). Mais les textes prévoient aussi d’autres langues, et les programmes pour chacune d’entre elles ont été publiés dans le hors-série n° 8, du 30 août 2007, du Bulletin officiel de l’éducation nationale.
L’omniprésence de l’anglais n’a rien d’incontournable, pour preuve ce que nous avions mis en place dans mon école voici de nombreuses années, avant même que les langues vivantes ne deviennent obligatoires dès le CE1 : au CP et au CE1, les collègues faisaient une sensibilisation à une langue de leur choix. Et, dès le CE2, les élèves avaient de l’espagnol au menu ! Ainsi, au bout de quelques années, le collège de rattachement a mis en place une sixième « bilangue » où les élèves avaient autant d’heures d’espagnol que d’anglais (deux heures hebdomadaires), avec pour objectif de déboucher ensuite sur les classes « euro espagnol ». Cela avec l’aval de l’inspection d’académie qui, dans un premier temps, en a fait une expérimentation sur ce collège, puis l’a ouverte à d’autres établissements... Pour des raisons matérielles (pratiques linguistiques des enseignants), au bout de quelques années — bien qu’apparemment les textes s’y opposent d’après certains —, nous avons instauré l’enseignement de l’anglais et de l’espagnol à parts égales pour les élèves de cycle 3 (trois quarts d’heure hebdomadaires par langue). Et l’administration nous a même parfois cités en exemple...
Pour terminer, je rappellerai que les langues régionales peuvent également être enseignées dès l’école élémentaire. Mais peut-être que, pour certains, le français est devenu lui aussi une langue régionale et l’anglais la lingua franca de l’avenir…