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Le Royaume-Uni a quitté le projet Erasmus à cause des piètres compétences en langues des Britanniques

Le Royaume-Uni a rejeté l’offre de rester membre du programme d’échanges culturels après le Brexit.

BRUXELLES - Le Royaume-Uni a décidé de quitter le programme européen d’échanges étudiants Erasmus+ en raison des faibles compétences en langues étrangères des Britanniques, ce qui rendait l’adhésion du pays trop coûteuse à justifier selon un haut fonctionnaire britannique.

Une participation plus faible au programme de la part des étudiants britanniques, comparée aux autres nationalités (imputée à une faible aptitude à l’apprentissage des langues) signifiait que Londres s’attendait d’une dépense de 300 millions d’euros environ de plus par an de qu’elle n’en recevait en retour, a déclaré cette semaine Nick Leake, ancien haut diplomate de la mission britannique.

Ceci intervient alors que des organisations de jeunesse des deux côtés de la Manche exercent une nouvelle pression pour que le Royaume-Uni rejoigne le projet, et qu'un organisme consultatif de l'UE encourage la Commission à entamer des négociations.

Tout le monde s’accorde à dire que l’effet “dévastateur” du départ du Royaume-Uni, après le Brexit, a eu sur les opportunités d'études et de voyages pour les jeunes. Cependant, lors d'une réunion de comité à Bruxelles le mercredi 3 avril, Leake a déclaré aux délégués: “Je vais vous dire pourquoi nous ne nous l'avons pas rejoint: c'est parce qu'il y a toujours eu un déséquilibre entre notre incapacité à très bien parler les langues et conséquemment pour profiter des opportunités de mobilité extérieure, et le nombre de gens souhaitant venir au Royaume-Uni”.


Leake a déclaré que les “seules conditions proposées” pour la participation continue au projet Erasmus lors des négociations sur le Brexit “auraient exigé que le Royaume-Uni, le paiement de 2 milliard d’euros de plus de ce qu’on aurait reçu au cours d’un programme étalé sur 7 années, autrement dit, 300 million d’euros par an”. Il a ajouté: “Je comprends que ce ne représente pas nécessairement la seule mesure de succès, mais cela rend les choses assez difficiles. C’est dans l'intérêt des contribuables britanniques qu’on a décidé de ne pas participer au programme Erasmus+”.


Une “perte d’opportunités dévastatrice”

Leake a représenté le gouvernement britannique lors d’une réunion du Comité Économique et Social Européen (CESE), un organisme européen consultatif composé d’organisations de la société civile à travers l’UE. Lors de la session de section des affaires étrangères de l'organisme du mercredi 3 avril, les délégués ont approuvé une recommandation qui appelle la Commission européenne à “renforcer les négociations avec le gouvernement britannique pour la réintégration complète du Royaume-Uni dans le programme Erasmus+”.

L'institution a noté que cette position était “officiellement et fortement soutenue à la fois par le Forum européen de la jeunesse et le British Youth Council, ainsi que par de nombreuses organisations de jeunesse à travers le Royaume-Uni et l'UE”. Le rapport a été approuvé presque à l'unanimité, avec 77 voix pour, zéro contre et une abstention.

Maurizio Cuttin, ambassadeur du British Youth Council auprès du Forum européen de la jeunesse, et conseiller sur le rapport, a déclaré à POLITICO, suite à la réunion, que la sortie du Royaume-Uni du programme Erasmus+ “a entraîné une perte d'opportunités d'échange et d'éducation dévastatrice pour les jeunes des deux côtés de la Manche”. Il a ajouté: “Le gouvernement britannique doit offrir à ses jeunes des opportunités pour leur ouvrir un avenir plus brillant, prospère et induit par les compétences. Adopter Erasmus+ est sans aucun doute la voie à suivre. Les étudiants, les apprentis et les jeunes bénévoles ne méritent rien de moins”.

María Rodríguez Alcázar, présidente du Forum européen de la jeunesse, a déclaré : “On espère que toutes les recommandations de l'avis du CESE, dont la réinclusion du Royaume-Uni à Erasmus+, seront discutées et mises en œuvre par les décideurs des deux côtés de la Manche”.

Jan Hendrik Dopheide, un haut fonctionnaire de l'UE qui travaille sur les relations avec le Royaume-Uni, a déclaré, à la même réunion, que la Commission était en train de discuter avec les États membres sur la marche à suivre lorsque la question de la mobilité des jeunes en général est en jeu. “On pourrait probablement faire mieux pour faciliter les mouvements de jeunes dans différentes circonstances”, a-t-il dit. “C'est un exercice qu’on mène avec nos États membres et dont on est en plein milieu maintenant. Je ne peux pas prévoir l’issue de ce processus”.

Après avoir quitté le programme Erasmus, le Royaume-Uni a mis en place son propre programme d'études à l'étranger, appelé Turing. Une analyse récente commandée par le gouvernement britannique a révélé que le programme de remplacement n'avait pas atteint ses objectifs, avec un peu plus de 20 000 participants pour l'année académique 2021/22 contre un objectif de 35 000. Près de 80% des universités et des établissements d’enseignement supérieur qui participent au programme ont signalé des difficultés avec le nouveau processus de candidature.

Des élections générales sont prévues au Royaume-Uni dans quelques mois, et les sondeurs prévoient un changement de gouvernement dirigé par le Parti travailliste de l'opposition. Le Parti travailliste ne s’est pas encore engagé pour l’adhésion au programme Erasmus, mais le maire de Londres, Sadiq Khan, membre du Parti travailliste, a plaidé en faveur de la reprise de la participation du Royaume-Uni au programme.


Article écrit par J. Stone et traduit de l'anglais par Ylenia Vuotto, stagiaire pour l'OEP.

Source: UK quit Erasmus because of Brits’ poor language skills – POLITICO