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Surmonter la barrière linguistique en santé : un défi pour les migrants

Yasaman Naserifar, Assistant researcher, Université de Montréal

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

Au Québec, comme partout, les barrières linguistiques et culturelles compliquent l’accès aux soins pour les personnes migrantes et les demandeurs d’asile. Lorsqu’un patient ne parle ni français ni anglais, comprendre le système de santé, expliquer ses symptômes ou suivre un traitement devient un véritable défi.

Prenons l’exemple d’Ava, une mère de famille récemment arrivée du Kurdistan qui a témoigné dans le cadre de mes recherches sur l’accès aux soins pour les personnes migrantes. Ava se retrouve à l’urgence avec son enfant malade. Face aux médecins, elle ne comprend pas quand on lui demande si son enfant a de la fièvre depuis plus de 48 heures, ni ce qu’implique l’administration du médicament prescrit à domicile. Comment s’assurer qu’elle reçoive les soins appropriés dans un système de santé où la langue est une barrière invisible, mais bien réelle ?

En 2021, 14,6 % de la population québécoise était née à l’étranger, selon Statistique Canada. Parmi ces personnes, de nombreux nouveaux arrivants ne maîtrisent pas suffisamment le français ou l’anglais pour comprendre les explications médicales, poser des questions sur leur état de santé ou donner un consentement éclairé à un traitement. Cette incompréhension peut mener à des erreurs de diagnostic, un mauvais suivi des traitements et, dans certains cas, à des complications sérieuses qui auraient pu être évitées.

Doctorante en anthropologie au Laboratoire de recherche en relations interculturelles (LABRRI) de l’Université de Montréal, je mène des recherches sur la communication et la médiation interculturelles, ainsi que sur les enjeux d’équité et d’accès aux services pour les populations migrantes. Mon expérience en tant que médiatrice interculturelle m’a amenée à côtoyer de nombreuses personnes migrantes confrontées à un système de santé complexe.

Yasaman Naserifar, Assistant researcher, Université de Montréal

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.