31 mai 2012
Peut-on gouverner une zone euro qui compte 330 millions de citoyens dans une langue qui n’est parlée que par moins de 5 millions d’Irlandais ? La réponse paraît si évidente qu’il est curieux de la poser. Pourtant, c’est exactement ce que prétend faire la Commission européenne. Hier, elle a publié 60 rapports (oui je dis bien soixante) sur la situation économique et budgétaire des États membres, soit 1500 pages, et tous en anglais. Soyons juste : ils concernaient en fait les vingt-sept pays européens, ce qui fait grimper le nombre de locuteurs anglophones à environ 70 millions de personnes sur 550 millions. Mais les recommandations de ces milliers de pages ne sont contraignantes que pour les dix-sept pays de la zone euro, ce qui fait quand même 43 rapports… La conférence de presse de José Manuel Durao Barosso, le président de la Commission européenne, et de son commissaire aux affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, présentant les rapports était aussi, indeed, in english.