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Comment développer le bilinguisme ? Le recours à l’Approche Neurolinguistique

Née au Canada, l’Approche Neurolinguistique (ou ANL) vise à favoriser le bilinguisme et à combattre les détestations culturelles ou linguistiques en tout genre. Comment peut-on intégrer cette nouvelle méthodologie dans l’enseignement du Français Langue Étrangère (FLÉ), désormais, en Europe ?

Acteur du FLÉ connu et reconnu, Olivier Massé est un homme-orchestre dans le domaine : il enseigne le français et parfois l’anglais ou le japonais, à des enfants comme à des adultes, il est auteur de manuels et collabore à la mise en œuvre de cours en ligne. Sa vraie passion, pourtant, c’est son activité en tant que directeur des formations du CiFRAN (Centre International de Formation et Recherche en Approche Neurolinguistique et Neuroéducation). Ce centre offre des stages pratiques d’un genre unique, partout dans le monde, à des professeurs de langue qui veulent s’initier à la mise en pratique en classe des stratégies pédagogiques de l’Approche Neurolinguistique. Entretien avec un expert du domaine pour découvrir l’histoire et les enjeux de cette méthodologie venue d’outre-Atlantique.

Découverte d’une approche universelle

  • Comment êtes-vous devenu prof de FLÉ ?

Étudiant en philosophie, j’étais parti au Japon pour écrire ma thèse. Il me fallait un job, mais je ne maîtrisais pas assez bien le Japonais pour travailler dans cette langue. J’avais alors le choix entre devenir garçon de café, animateur de boîte de nuit ou… prof de français. cela a donc été assez naturel de devenir prof, même si je n’y avais pas pensé en arrivant.

Assez naïvement – et comme beaucoup – je me suis mis à enseigner le français à ces adultes japonais de la même façon que j’avais moi-même appris ma langue à l’école. J’avais une vision assez intellectuelle des langues et j’essayais d’enseigner le FLÉ d’une manière, disons, « grammaticale ». Les apprenants étaient sérieux et assidus, mais, à l’évidence, il ne progressait pas du tout. Je m’interrogeais sur le pourquoi et le comment de ce qu’il fallait mettre en œuvre et j’ai côtoyé tous les profs qui avaient du métier à Tōkyō à l’époque. J’ai demandé à observer leurs classes. Tous n’ont pas dit oui. C’était il y a vingt ans et on sentait une terrible crainte de l’observation. Mais quand j’ai pu aller dans les classes, que de découvertes ! Les manières d’animer la classe, de faire interagir les apprenants… En général, nous autres enseignants de langue nous sommes focalisés sur notre programme, nos objectifs et pas suffisamment attentifs à ce que ressentent ou vivent nos apprenants. Je me suis donc tout d’abord formé à l’approche communicative, sur le terrain, en m’interrogeant sur son efficacité réelle, et puis j’ai repris un cursus FLÉ en parallèle.

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