Cet article original allemand publié le 12 juin 2012 dans le Saarbrücker Zeitung a été traduit en français par Anne Bui, membre de l'Observatoire européen du plurilinguisme.
L'article original :
Titre "Deutsche Sprache, schwere Sprache?"
Auteur : Hagen Strauß
Du correspondant de la Saarbrücker Zeitung Hagen StrauB.
Berlin. Au coeur de la crise européenne, il ne manquait plus que ça : le Bundestag ne comprend plus l'Union européenne parce que de plus en plus de documents de l'UE sont mal ou même pas du tout traduits en allemand. La révolte des députés gronde. Ils craignent pour leurs droits de participer à la politique européenne. (Publié le 12/06/2012).
La langue allemande, une langue difficile ? Pour le président de la commission des Affaires européennes du Bundestag Gunther Krichbaum (CDU), c'est à s'arracher les cheveux : « Cela fait des années que la Commission européenne nous promet une nouvelle stratégie pour la traduction. Mais malheureusement il ne s'est jusqu'à ce jour rien passé. »D'après ce qu'on entend, plus de 100 documents de l'UE ont été, au cours de cette législature, immédiatement renvoyés à Bruxelles parce que les commissions compétentes ne pouvaient les examiner du fait d'absence ou d'insuffisance de traduction. « Il y en a de plus en plus », déplore également Stefan Ruppert (FDP).Sont particulièrement concernées par le problème les commissions de l'intérieur, des finances, du budget, de l'économie et de la défense du Bundestag. Cependant les autres instances du parlement constatent désormais aussi dans les documents de l'UE un « obstacle à l'examen », dit-on.
Aucune amélioration n'est en vue. Comme 27 états sont membres de l'UE, il y a aussi bien plus de traductions de décrets, directives et autres documents que l'on est en droit d'exiger. Bruxelles n'arrive pas à couvrir les besoins, l'allemand en fait plus souvent que jamais les frais. Cela Krichbaum ne veut plus l'accepter. ». 32% des Européens parlent l'allemand, en tant que langue maternelle ou étrangère. Nous ne voulons pas de traitement de faveur par rapport aux autres langues, mais simplement être mis sur un pied d'égalité avec le français et l'anglais », dit-il. A la suite d'une proposition des groupes de la coalition, le Bundestag s'emparera de ce problème dès ce jeudi.
Chrétiens-démocrates et libéraux déplorent en outre que de plus en plus de documents importants pour la gestion de la crise dans la zone euro soient concernés. Ils ne seraient en partie même pas traduits. Comme Bruxelles ne cesse d'invoquer le manque de financement, il faut – c'est ce que veulent les groupes de la coalition – que le gouvernement fédéral maintenant, lors des discussions imminentes sur le nouveau cadre financier de l'UE, exige de meilleurs comptes-rendus et fasse en sorte que, grâce à de répartitions différentes, des moyens suffisants soient dégagés dans le budget européen.
Mais pourquoi le Bundestag ne prend-t-il pas lui-même en charge les traductions ? C'est impossible pour de nombreux documents car la traduction doit avoir l'aval de Bruxelles. Pour autant, là aussi certaines choses ne marchent pas bien. Les parlementaires ont fréquemment constaté que même dans des versions autorisées tout n'était pas correct – la version française différant soudain nettement de l'allemande.