Les alliances d’universités européennes (AUEs) sont des réseaux d’établissements du supérieur répartis à l’échelle de l’Europe. Le modèle institutionnel qu’elles incarnent requiert de la part de leurs instances de pilotage de faire preuve d’innovation organisationnelle : en matière de gouvernance linguistique en particulier. Pour mieux comprendre comment ces Alliances (n = 51) ont composé avec les 38 langues-cultures (LC) qu’elles rapprochent, un relevé a été effectué. Ce dernier porte sur deux aspects de leur vie universitaire pouvant être documentés à l’aune de données accessibles en ligne : les LC d’instruction qu’elles ont retenues pour mutualiser leurs enseignements et celles qu’elles ont privilégiées à des fins de communication institutionnelle en ligne. Les résultats révèlent une certaine prévalence de l’anglais. Pour évaluer si des variables propres aux AUEs (n = 4) avaient pu motiver ce choix, huit tests statistiques d’indépendance ont été conduits (χ2). Les résultats montrent que le choix du tout-anglais n’est pas totalement fortuit, même s’il peut paraître contre-intuitif au regard du nombre (38) de LC que les AUEs rapprochent. Ce constat conduit à une discussion critique autour des apports, des écueils et des défis que les questions de gouvernance linguistique sont susceptibles d’entraîner dans leur sillage pour les Alliances dans le contexte actuel.
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