Le mot s'est largement imposé en France en à peine une semaine. Édouard Philippe est probablement le premier à l'utiliser devant les députés le mercredi 1er avril (sans doute en reprenant l'idée des applications de "tracking" (au lieu de traçage) étudiée par l'INRIA, qui a structurellement une préférence pour le franglais). Le même jour sur BFM, le journaliste Thomas Misrachi parle de "traçage numérique" tandis qu'une spécialiste de la Corée invitée pour en parler emploie directement le mot tracking. Toujours le 1er avril, dans l'émission « C dans l'air », alors que le modérateur s'efforce de préciser : "le tracking, c.à.d. le traçage numérique", Ivane Trippenbach, journaliste à l'Opinion, utilise dès sa première intervention spontanément le mot "tracking" …..Dans la semaine, le mot "tracking" sera employé sur les antennes par Christophe Castaner, Olivier Véran, Xavier Bertrand (4 fois en une seule réponse), et peut-être d'autres. Pendant quelque temps le mot est employé en cohabitation avec "traçage". Mais ensuite la cohabitation devient de plus en plus rare.

Cela dit, la situation n'est peut-être pas irréversible. Emmanuel Macron s'est gardé de tout anglicisme dans son intervention du 13 avril, et Édouard Philippe, dans la conférence presse du 19 avril, à la différence d'Olivier Véran, a remplacé le terme par "suivi des cas contact".