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Michel BLAIN, philosophe

blain.jpgL'Union européenne doit-elle se résigner à s'édifier dans une langue de service, l'anglais  international ?...(extrait du Livre d'Or "Les intellectuels et artistes pour le plurilinguisme et la diversité culturelle" en cours d'écriture dans le cadre de la journée du 23 juin à l'UNESCO)

L'Union européenne doit-elle se résigner à s'édifier dans une langue de service, l'anglais  international ? Cette langue pose problème dans la mesure où elle est celle des Etats-Unis d'Amérique du Nord, la puissance hégémonique par rapport à laquelle nous voulons préserver et affirmer notre identité. Elle est celle, en outre, d'un pays membre qui ne veut  pas s'engager pleinement dans l'Union. Au reste, l'idée selon laquelle une langue ne serait qu'instrument interchangeable, code sec, simple répertoire d'étiquettes posées sur les éléments constitutifs du monde, et que donc la solution serait un idiome unique, est fausse et profondément déshumanisante. Changer de langue, c'est aussi changer de pensée dans bien des domaines, et  l'unilinguisme favorise en cela la pensée unique. Est-ce là le but de ceux qui contribuent à l'actuelle politique du tout anglais ?  Ce serait pour l'Union une perte de substance  dévastatrice.

Michel Blain

                                                      

D'abord dans l'aventure des Maisons de la culture ébauchées par André Malraux, puis en tant qu'enseignant dans la filière des Grandes Ecoles françaises, Michel Blain, agrégé de l'Université, s'est particulièrement intéressé aux liens entre les grands récits (mythes, religions, chefs-d'œuvre universels, courants idéologiques). Il vient de publier chez L'Harmattan Douze mythes qui ont fondé l'Europe, où les questions de la culture et du plurilinguisme européens sont centrales.