Note

Vu le caractère international de week-end, emprunté en français de longue date, sa fréquence importante, son grand pouvoir combinatoire et ses emplois adjectivaux et adverbiaux, toute tentative d’éliminer week-end serait vouée à l’échec.

Pourtant, les analogues français fin de (la) semaine, samedi-dimanche ne manquent pas de s’affirmer.

Le syntagme fin de (la) semaine dont la diffusion se limitait naguère au Canada francophone (cf. PR, TLF), se répand aujourd’hui en français hexagonal avec un pouvoir combinatoire comparable à celui de week-end (V. les exemples du Paradigme).

L’exemple qui suit démontre que fin de la semaine, tout à fait familier à un écrivain contemporain, ne s’employait pas encore au sens de week-end avant-guerre (1938).

Pour rejoindre Montrichard, les Desrousseaux décidèrent de faire deux voyages. La fin de la semaine (la tante disait : le week-end) qui précéda les vraies vacances, l’oncle Henri conduisait sa femme, Jami et les deux bonnes dans une auto si chargée de bagages qu’on aurait pu croire à un déménagement (SPPh, p. 121).

Fin de (la) semaine acquiert ainsi une signification modelée sur l’anglicisme qui se fonde sur son sens propre.

Et c’est ainsi que j’ai pu vivre pendant des années dans l’instant, un instant sans commentaires, un instant indéfini. Pourtant un instant avait de l’histoire, puisqu’il y avait eu Lucienne, Juliette, Jeannine. Puisqu’il y avait eu un temps, des fins de semaine et des débuts de semaine (GAP, p. 27).

L’association de mots synonymique samedi-dimanche, assez fréquente en emplois adjectivaux et adverbiaux, a le potentiel d’élargir la lignée : vendredi-samedi-dimanche.

Dauphine, l'université se fait grande école. [...] Autre atout du MBA : une formule de cours vendredi-samedi-dimanche sur deux années (F, 06.05.02).