Source : CPU (Conférence des présidents d'universités), CPU Infos du 10 juin 2010
Voir le passage souligné par Jean Grisel :
Jean Grisel
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Près d’une centaine de responsables des relations
internationales des universités se sont réunis les 27 et 28 mai
derniers à l’Université de Poitiers, à l’initiative de la CPU et du
ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche (MESR), pour
échanger et débattre des stratégies d’internationalisation des
universités.
Dans un discours introductif, Patrick Hetzel a
rappelé l’importance et la nécessité d’une véritable stratégie
internationale comme élément substantiel de la politique globale des
établissements et a défini un certain nombre de leviers stratégiques.
Les
défis à relever reposent tout à la fois sur une adhésion collective à
un projet politique, sur une stratégie de marque et une démarche de
ciblage précise. La dimension qualitative a été rappelée à plusieurs
reprises comme le fil conducteur de la stratégie d’internationalisation
des universités. Les démarches d’assurance de la qualité devraient
contribuer à l’atteinte de ces objectifs.
La
nécessité d’intégrer l’insertion professionnelle des étudiants dans la
stratégie des établissements a également été soulignée.
Ce sujet a
été approfondi dans l’un des trois ateliers au cours duquel a été
évoquée une étude menée à l’initiative de la communauté européenne et
dont les résultats ont démontré que les séjours d’étudiants à
l’étranger favorisaient de façon notable l’employabilité des étudiants
; les employeurs étant très intéressés par les compétences acquises en
mobilité.
En conclusion de l’atelier, le rapprochement des SCUIO-IP
(services communs universitaires d’information, orientation et
insertion professionnelle) avec les services de relations
internationales a été préconisé.
Un second atelier a porté sur
les réseaux d’établissements, tels que le projet USTH (Université des
sciences et technologie de Hanoi), le réseau EUCOR (Confédération des
Universités du Rhin Supérieur) ou encore l’AUF (Agence Universitaire de
la Francophonie). Dans un contexte d’autonomie universitaire, ces
réseaux prennent tout leur sens s’ils sont centrés sur des projets
concrets et impliquent un nombre limité de partenaires.
Un
troisième atelier s’est penché sur la politique d’attractivité des
établissements et leur visibilité à destination des étudiants
internationaux tant sur le plan de la formation que de la communication
(sites Internet). Partant de l’étude de cas du PRES de Lyon, les débats
se sont concentrés sur la définition d’une stratégie d’attractivité
supposant à la fois constance, pérennité, lisibilité et visibilité des
actions internationales d’un établissement. La qualité de l’accueil et
de l’offre de formation, une véritable politique des langues et une
communication ciblée ont été identifiées comme les fondements de cette
stratégie, notamment à travers une étude menée par CampusFrance sur les
sites Internet des universités françaises.
L’une des séances
plénières a concerné la délivrance de diplômes conjoints. Si en mai
2005, la France s’est dotée d’une réglementation permettant le
développement de cursus internationaux dans le cadre de masters
conjoints, la délivrance de ces diplômes peut poser des problèmes liés
notamment à la procédure d’édition du diplôme (langue et ensemble des
signatures du parchemin). Un groupe de travail interministériel
impliquant la CPU et les autres conférences d’établissements sera
prochainement constitué.
Une autre question a soulevé une vive
discussion parmi les participants, celle de l’enseignement en anglais.
L’attractivité de la France pour les étudiants de certains pays (par
exemple : Brésil, Russie, Inde, Chine) repose sur une offre de
formation pour tout ou partie en langue étrangère. Or, les marges de
manœuvre laissées par la loi Toubon1 sont trop restreintes
alors que, comme le souligne Jean-Pierre Gesson, Président de la
Commission des Relations Internationales et Européennes de la CPU, il
est important, en plus de la promotion de la francophonie, de conforter
la diversité linguistique et culturelle.
Une prochaine rencontre, à l’automne 2010, permettra la poursuite de ces débats.
1La loi nº 94-665 du 4 août 1994 relative à l'emploi de la langue française, plus connue sous le nom de loi Toubon, est une loi française destinée à protéger le patrimoine linguistique français.