Une simple erreur de
traduction a précipité ce vendredi l'euro sous la barre de 1,20 dollar,
pour la première fois depuis mars 2006. Il est près de 14h30 quand François Fillon,
en déplacement au Canada, répond dans une conférence de presse à une
question sur la dégringolade de la devise européenne. Il indique qu'il
ne voit "que des bonnes nouvelles dans la parité entre l'euro et le
dollar".
Les agences de presse anglophones reprennent immédiatement ses
déclarations. Trop rapidement peut-être : dans la précipitation, elles
traduisent "parité" par "parity", un faux ami. En français, le terme
"parité" signifie en effet "taux de change d'une monnaie par rapport à
une autre" alors que "parity" s'entend dans le sens étroit d'une
égalité parfaite entre les devises
Et voila donc, le gouvernement français qui milite pour qu'un euro
s'échange contre un dollar. Un quiproquo qui a obligé Matignon à
préciser les propos de François Fillon. Mais le mal était fait : en
quelques minutes, les cambistes, déjà inquiets de la situation financière de la Hongrie, vendent de l'euro, qui chute à son plus bas niveau depuis quatre ans.
Cet épisode n'est pas sans rappeler la mésaventure arrivée à George
Bush en février 2002. En déplacement au Japon, le président américain
avait évoqué avec le Premier ministre nippon la question de la
déflation, c'est à dire de la baisse de l'indice des prix. Problème: en
conférence de presse, il parle de dévaluation. Panique sur les marchés.
Le yen chute face au dollar... avant un rectificatif d'un porte-parole
de la Maison Blanche.
latribune.fr