Les nouveaux programmes scolaires pour la rentrée 2007 viennent de paraître. Ils sont consultables et téléchargeables à l'adresse suivante : http://www.education.gouv.fr/bo/2007/hs5/default.htm . Ces nouveaux programmes nous inspirent quatre idées :
- Importance de la langue nationale : Le Royaume Uni n'est plus seul à se rendre compte du rôle crucial de la langue et l'affirmation rituelle que la langue française (en France) est la condition de tous les autres apprentissages passe du stade incantatoire à une prise de conscience des moyens à mettre en oeuvre pour qu'elle soit réalité. Passons sur les moyens matériels qui ne sont pas notre sujet. Il s'agit des moyens intellectuels. Au-delà des aspects polémiques, qui occupent les médias, les politiques et les syndicats, mais sont généralement hors sujet, le poids désormais accordé à la langue se compte en nombre de mots. Si nous comparons la taille des textes consacrés au sujet dans les instructions de 1985, dans celles de 2002 et dans celles qui viennent de sortir au Bulletin Officiel de l'éducation nationale du 12 avril 2007 (N° hors série N°5), l'évolution est manifeste. S'agit-il d'une inflation verbale ou d'une progression intellectuelle et méthodologique. Nous vous laissons le soin d'y réfléchir. Mais, loin des polémiques, nous pensons que le progrès est fondamental. Reste cependant qu'il ne suffit pas de dire pour faire et que la formation aura dans les années à venir de ce point de vue une importance capitale.
- La langue n'est pas une matière comme une autre. Elle est la matrice, le socle de tous les apprentissages. Elle est la source de la clarté dans la pensée, de la rigueur dans les raisonnements, de la précision dans les descriptions. Elle permet également la créativité. Donc, tous les enseignements s'en servent et doivent donc également la servir.
- Les langues vivantes autres que la langue nationale (la langue maternelle quand elle n'est pas la langue nationale nécessite un traitement particulier non développé dans les programmes, ce que l'on peut regretter) s'inscrivent dans une même démarche. Il n'y a pas opposition, bien au contraire. Mieux connaître sa langue doit permettre de mieux apprendre les autres et mieux connaître les autres doit permettre de mieux apprendre la sienne.
- La langue est le passage obligé de toute lutte contre l'échec scolaire. Cela veut dire qu'il faut mettre les moyens nécessaires pour que tous les enfants qui entrent au collège aient un niveau en français leur permettant de suivre tous les autres enseignements et apprentissages. Les méthodes bien sûr doivent s'adapter aux élèves, mais l'objectif doit être clair. De ce point de vue les nouveaux programmes marquent un progrès, voire un changement de cap par rapport aux pratiques antérieures.
L'OEP