Logo de l'OEP
Logo de l'OEP

Une histoire de poussin (édition plurilingue pour enfant)

lepoussin.jpgIl pulcino Galileo, Galileo the chicklet, Das Küken Galileo, El pollito Galileo, Le poussin Galilée

Edizioni Il Sextante, Pinzolo, Italia, dicembre 2010

ISBN 978-88-904492-5-3, 10 €

S’envoler grâce aux langues

Les enfants ont cette chance de pouvoir apprendre une langue sans s’en rendre compte, d’une manière aussi naturelle qu’ils apprennent à marcher. Mais si la marche leur permet d’accéder à une autonomie physique, seule la parole leur donne véritablement des ailes, en leur permettant d’aller au-delà des réalités physiques, grâce au pouvoir des mots. En accédant au monde symbolique l’enfant apprend à voler, comme un poussin.

Dans un monde où les langues se côtoient de plus en plus, et où on est aussi amenés à sortir du nid de notre culture et de notre langue, on se retrouve souvent dans la position de l’enfant qui pour accéder à une autonomie doit apprendre une langue. Mais on ne possède pas la sensibilité, la pensée magique et l’instinct de jeu de l’enfant qui rendent plus facile ce moment de passage qu’est l’apprentissage. C’est pour cela qu’il est toujours bon d’anticiper ce passage, passage vers d’autres mondes et d’autres cultures, en sensibilisant les enfants à la pluralité linguistique, à la pluralité des voisinages. Apprendre une langue étrangère c’est apprendre à voler hors de son milieu, pouvoir lâcher la terre ferme du connu pour s’élancer vers un ailleurs, italien, allemand, français, espagnol ou anglais, comme le poussin Galilée de la belle fable d’Alessandra Sartori.

D’autre part l’enfant attache une grande importance à la forme sensible des mots qui ont pour eux une valeur intrinsèque, car les mots sont des entités vivantes. Cette forme c’est le son, mais aussi l’image graphique, l’écriture. Il est donc bon de commencer par sensibiliser les enfants aux similitudes sensibles propres aux écritures, car ces similitudes « sautent aux yeux » ; les images  des mots se ressemblent : « poussin , pulcino », « cuore, cœur », « boat , bateau », « mar, mer, mare ». Tous renvoient ici à la même image, aux belles images souvent calligraphiques d’ antonin Facchin, véritables guides vers la compréhension multilingue, dans ce récit très formateur qui leur apprend que la base du succès est la compréhension de l’autre ; une compréhension de l’autre qui, dans notre monde, passe aussi par celle de sa langue.