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Le CNRS a besoin d'argent

Nous sommes de ceux qui considèrent que nous ne faisons pas assez pour la recherche et l'enseignement pour nous et pour nos enfants. Ce qui nous préoccupe ici est beaucoup plus terre à terre, prosaïque.

La lettre magazine internationale du CNRS  (Centre National de la Recherche Scientifique) est uniquement en anglais. Etonnant!

Le CNRS est un grand organisme de recherche français (voyez de votre côté pour les organismes allemands, italiens, espagnols, polonais, estoniens, roumains, etc.) qui a priori ne peut méconnaître qu'en vertu de la Constitution, la loi de la République est le français. Il y a même une loi, appelée "loi Toubon", du nom du ministre courageux qui l'a fait voter par le Parlement, qui prévoit que les administrations et les personnes privées chargées d'un service public peuvent utiliser des langues étrangères pour communiquer avec le public à la condition de donner la version originale en français et qu'il y ait au moins 2 langues étrangères. Le CNRS aurait-il changé de statut à notre insu, et, devenu organisme étranger, jouirait-il d'un droit d'extraterritorialité en vertu d'un "Traité inégal" dont nous ignorons l'existence, forme à peine mise au goût du jour du pacte colonial.

Pas d'élucubration : le problème est très simple : il faut d'urgence organiser une quête afin de permettre au CNRS de se mettre en règle avec la Constitution et avec la loi Toubon. Parce que 8 pages par trimestre en français et en une autre langue que celle utilisée ici par défaut, ça doit quand même pouvoir se faire. Non?

A moins qu'il n'y ait une faille dans la législation.  Nous avons remarqué que les personnes privées, en fait les entreprises, qui imposent à leurs salariés des conditions discriminatoires au regard de la langue, commencent à être lourdement condamnées par les tribunaux. Les administrations, en revanche, sont à l'abri de toute sanction, en vertu d'un principe général du droit selon lequel celui qui édicte la loi ne peut la violer. Donc les administrations peuvent violer la loi sans limitation. Nous exagérons bien sûr. Les administrations sont soumises au principe hiérarchique. Elles sont donc soumises aux instructions qu'elles reçoivent de leur ministre, lequel ne peut évidemment donner des instructions contraires à la Constitution et à la loi. Les administrations et les organismes publics seraient ainsi les seuls citoyens (personnes morales et physiques) ayant le pouvoir, à défaut du droit, de violer loi et constitution en parfaite impunité. Il y a donc une faille dans la loi Toubon.

Quoi qu'il en soit, des ministres et des organismes publics qui s'assoient sur la volonté présidentielle, un service du CNRS qui méprise les recommandations de ses propres instances (voir avis du comité d'éthique du CNRS ), cela fait vraiment désordre. Il faut absolument en informer, et sans tarder, le Président de la République... C'est un devoir de citoyen!

L'OEP